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Déclaration préalable CAPD du 1er juin 2018

samedi 2 juin 2018

En ouverture de cette CAPD, nous ne pouvons taire le mépris avec lequel sont traités les citoyens en général, les enseignants en particulier. Attaque après attaque, ce gouvernement ne cesse d’affaiblir notre métier, notre statut, les Services Publics, nos valeurs…



Madame la Directrice Académique,
Mesdames et Messieurs les membres de la CAPD,

En ouverture de cette CAPD, nous ne pouvons taire le mépris avec lequel sont traités les citoyens en général, les enseignants en particulier. Attaque après attaque, ce gouvernement ne cesse d’affaiblir notre métier, notre statut, les Services Publics, nos valeurs…
Sous le feu d’annonces médiatiques – qui n’ont rien de pédagogique, les enseignant-es sont relégué-es au simple rang d’exécutant-es, incapables de savoir choisir les méthodes qui feront progresser leurs élèves, ignares au point que le ministère même doit leur imposer les manuels et la taille des cahiers avec lesquels il faudrait dorénavant travailler ! Au SNUipp-FSU21, nous dénonçons l’abus de pouvoir d’un ministre autoritariste, usant du Bulletin Officiel comme autant de sommations pédagogiques vaines et discutables.
Les 22 et 26 mai, la FSU et le SNUipp-FSU se sont pleinement engagés dans les manifestations pour dénoncer la politique menée qui remet en cause le modèle social en réduisant les capacités d’action des Services Publics et de la Fonction Publique. Et pourtant, ce sont bien ces derniers, et tous les agents qui y œuvrent quotidiennement, qui jouent un rôle essentiel pour la cohésion sociale du pays, la redistribution des richesses, l’accès des citoyen.ne.s aux droits sociaux. Affaiblir les Services Publics, c’est tourner le dos aux principes de solidarité et d’égalité qui fondent l’organisation de la société. C’est à l’opposé des valeurs et du projet de société que porte le SNUipp-FSU.
Vendredi 25 mai, dans le cadre du chantier - ironiquement nommé - « Dialogue social » de la concertation Action Publique 2022, le gouvernement a présenté aux organisations syndicales représentatives, dont la FSU, ni plus ni moins qu’un projet de « suppression du paritarisme » afin de « faciliter une déconcentration managériale » de la Fonction Publique. Les Commissions Administratives Paritaires, telles que celle qui se tient en ce moment même, seraient abolies, le paritarisme supprimé… Étouffer la parole des salariés, liquider les instances représentatives…, la politique macronnienne ne connaît plus aucune limite ! Nous nous opposons fermement à ce projet délétère, porteur d’opacité et d’iniquité.

Concernant l’ordre du jour, nous allons examiner les affectations de la première phase du mouvement.
Nous avons pu constater que les barrières informatiques ou impossibilités techniques, souvent avancées en réponse à des demandes de modifications de la part des représentant-es des personnels pour permettre l’amélioration des opérations de mouvement, peuvent être très rapidement balayées. En effet, les intitulés de postes CP ou CE1 dédoublés ainsi que le codage spécifique pour différencier les différent-es candidat-es ont été créés à la dernière minute et visiblement ont parfaitement fonctionné !
Nous tenons à réaffirmer aujourd’hui notre opposition aux postes à exigences particulières et aux postes à profil. Nous pouvons d’ailleurs constater que pour certains postes les candidatures ne se bousculent pas, ce qui vous conduit de fait à ne pas pouvoir trouver le profil que vous espériez. De plus, ces modalités d’affectation génèrent également des appels et mutations à répétitions. Nous souhaiterions connaître l’ensemble des postes à exigences particulières et à profil toujours vacants à l’issue de cette phase de mouvement et la procédure pour les pourvoir.
Nous pouvons remarquer que les barèmes pour accéder à des postes d’enseignant-es classe en éducation prioritaire vont être attribués à des touts petits barèmes, ce qui n’était pas le cas antérieurement. Cela nous questionne. De même, encore cette année des directions d’école restent vacantes, et des petits barèmes y sont affectés. A contrario, les barèmes sont élevés pour obtenir un poste d’enseignant spécialisé en RASED à titre provisoire. Nous vous laissons, Madame la Directrice académique, en faire l’analyse !
Nous dénombrons environ 90 postes de l’enseignement spécialisé qui seront occupés par des collègues non spécialisé-es ou laissés vacants, sans compter les directions de SEGPA. Nous redemandons un état des lieux du nombre de postes spécialisés dans notre département par ex-option ou parcours avec le pourcentage occupé par des enseignant-es spécialisé-es. Il est urgent de proposer des formations en conséquence pour répondre aux besoins. Nous ne pouvons que mettre en regard « l’effort » réalisé par le département avec seulement 5 départs effectifs pour 6 proposés initialement et les besoins dans les écoles ou les établissements.

A propos de l’accès à la hors classe, nous ne pouvons qu’être interrogatifs et décontenancés en étudiant le document reçu contenant l’ensemble des enseignant-es promouvables. Nous n’avons pu, Madame la Directrice académique, échanger avec vous au préalable, ce que nous regrettons. Vous avez probablement des informations à nous communiquer concernant la méthode employée, les critères pris en compte, les modalités d’attribution des avis. Nous n’avons trouvé aucun critère, aucune logique en étudiant les documents et nous aurons de nombreuses questions à vous poser.
Le ministère n’a toujours pas communiqué le contingent, ce qui ne peut que nous inquiéter alors que les CAPD validant les tableaux d’avancement devaient se tenir avant le 31 mai.
De plus, l’annonce faite de ne pouvoir modifier les avis pour les prochaines promotions n’est pas acceptable et nous demandons dès maintenant qu’ils puissent être revus.
Nous rappelons que le SNUipp-FSU porte l’accès de tous-tes à l’indice terminal du corps sans obstacle de grade. Nous restons particulièrement vigilant à ce que le principe de l’accès de toutes et tous à la hors-classe soit respecté.
En raison de la transmission tardive des documents et l’absence de contingent connu, nous demandons le report de ce point.

Nous sommes également obligés, Madame la Directrice académique, dès ce début de séance de vous interpeller concernant les droits des collègues. Ceux-ci sont régulièrement et de plus en plus mis à mal par un manque de moyens et une gestion comptable des personnels, faisant fi des besoins et des situations personnelles des collègues.
Les demandes d’autorisations d’absence, lorsqu’elles sont accordées le sont, sans traitement. Alors que les enseignant-es n’en abusent pas, ils-elles sont pénalisé-es, sanctionné-es financièrement. A cela s’ajoute la double peine, puisque vous pratiquez un retrait d’AGS qui, d’après les informations que nous avons, n’est pas réglementaire. L’absence de rémunération n’a pas d’incidence sur l’ancienneté générale de service. De plus, les collègues découvrent a posteriori vos décisions et sont donc mis-e devant le fait accompli. Nous vous demandons, Madame la Directrice académique, que les collègues puissent retrouver le droit de s’absenter tout en bénéficiant de leur rémunération, qu’ils-elles soient informés en amont de leur absence et que vous stoppiez les retraits abusifs d’AGS.
Toujours en ce qui concerne les droits des personnels, les demandes de travail à temps partiel, sujet à l’ordre du jour. Cette année encore, vous avez refusé des demandes ou proposé une modification de la quotité. Vos réponses mettent les collègues dans des situations compliquées, inextricable pour certain-es, génèrent stress et anxiété. Le respect de la continuité du service d’enseignement évoqué n’a jamais été mis en péril par les temps partiels mais plutôt par l’insuffisance des moyens accordées aux brigades de remplacement et en personnel. Des collègues ont engagé un recours et nous vous demandons d’y répondre favorablement. Le bien être au travail nécessite un équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle. En mettant en péril cet équilibre, assurément vous engendrerez de la souffrance au travail avec une moindre efficacité et de nombreux congés à remplacer. Personne, ni les collègues, ni l’administration n’auront à gagner dans ces situations. Nous vous demandons, Madame la Directrice académique, de permettre aux collègues, comme les textes le stipulent, de pouvoir exercer à temps partiel selon la quotité sollicitée.
Les conditions de travail se dégradent, les collègues sont malmené-es non seulement par les élèves, mais aussi par les parents. Une réponse institutionnelle, une défense des enseignant-es et la confiance de l’administration à leur égard est urgente et plus que jamais nécessaire.
Pour terminer, nous tenons à remercier les services pour le travail effectué et leur disponibilité.

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