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Déclaration préalable du SNUipp-FSU21 à la CAPD du 10 septembre 2018

mardi 11 septembre 2018


Madame la Directrice académique,
Mesdames et Messieurs les membres de la CAPD,

Pour passer des vacances sereines, mieux valait ne pas lire la presse : les interventions inquiétantes et décourageantes de messieurs Blanquer et Philippe n’ont pas manqué. Culture de l’évaluation, individualisation des rémunérations (mais gel du point d’indice pour tous), formation des enseignants sur le temps personnel « pour ne pas nuire aux élèves » ... A cela s’ajoutent la modification des programmes et le récent rapport de deux députées LREM sur la direction d’école. Alors oui l’inquiétude est réelle concernant les orientations que prend le système scolaire sur la forme et le fond.

Le SNUipp-FSU 21 dénonce aujourd’hui ses mauvaises conditions de rentrée en raison de problèmes dans l’organisation et la répartition de ses décharges.
Alors que depuis le 11 juin 2018, vous madame la Directrice académique, les services et les IEN, avez connaissance de la répartition de nos différents temps et jours de décharge, nous déplorons aujourd’hui encore que des personnels assurant nos compléments de service ne soient pas affectés.
Nous comprenons qu’il puisse exister quelques erreurs au moment des couplages de postes, personne n’est à l’abri d’une inattention. Mais par contre, il n’est pas acceptable qu’à la date de la rentrée scolaire, mais encore aujourd’hui, et alors que les problèmes d’incompatibilité sont connus depuis plusieurs semaines, qu’aucun changement n’ait été mis en œuvre ! Madame la Secrétaire Générale nous a promis le 29 août de régler les problèmes pour la pré-rentrée. Au regard des 52 personnels en surnombre à cette date, nous étions confiants. Mais sans information ni de sa part ni des services, nous vous avons alertée par courrier le 2 septembre pour qu’une solution rapide soit apportée. Vous non plus, vous n’avez pas répondu. Sachez que nous considérons votre mutisme comme une marque de profond mépris envers notre organisation syndicale et ses représentants.
Aujourd’hui, par l’étude des documents reçus vendredi soir dernier, une solution partielle est proposée pour l’une d’entre elle.
Alors que vous n’avez de cesse d’invoquer « l’intérêt du service », cette proposition entérine deux personnels différents pour compléter une représentante des personnels. L’intérêt du service est-il de familiariser les élèves à la notion « d’enseignants multiples » comme au collège, puisqu’ils seront trois à intervenir dans cette classe ?
Pour terminer sur ce point, nous constatons qu’aucun personnel n’est affecté à ce jour au complément de service de notre deuxième représentante des personnels concernée par ces problèmes. Aujourd’hui, elle est remplacée par une titulaire remplaçante, évidemment pas la même que la semaine dernière... Vous comprenez que l’intérêt du service nous semble dans ce cas très lointain.
Nous souhaiterions aussi que l’intérêt des élèves puisse être pris en considération.
Quant à la troisième, aujourd’hui sa décharge n’est pas effective puisqu’elle est en remplacement dans une école.
Il y a maintenant urgence à ce que le SNUipp-FSU21 puisse bénéficier correctement de ses décharges.

Concernant le mouvement, le SNUipp-FSU 21 tient à rappeler la nécessité de travailler sur le bilan. Nous ne pouvons plus continuer à observer chaque année une lente dégradation des conditions de nomination et d’affectation.
Le calendrier doit être urgemment réinterrogé ; est-il normal d’avoir une deuxième phase du mouvement quelques jours avant les vacances alors que dans grand nombre de départements, tout est terminé au mois de juin ? Est-il normal que les stagiaires aient connaissance de leur affectation le 22 juillet alors que les écoles sont fermées et qu’il avait été annoncé la date butoir du 14 juillet ? Est-il normal d’avoir des affectations « au fil de l’eau » dès la sortie de la dernière CAPD de l’année scolaire alors qu’il aurait été plus judicieux de proposer les dernières ouvertures dans la liste des postes à pourvoir ?
Nous souhaitons également revenir sur les postes à profils et les postes à missions spécifiques qui se sont multipliés ces dernières années et qui engendrent des difficultés dans le mouvement tout en le rendant opaque et inéquitable.
Pour finir sur la question des affectations, nous constatons que 23 stagiaires sont affectés sur deux quarts-temps. C’est une conséquence directe de votre volonté de refuser l’exercice à mi-temps à de nombreux collègues. C’est un réel problème et encore une fois une véritable inéquité de traitement : comment accepter que les stagiaires qui sont tous soumis aux mêmes critères de validation finale ne puissent pas bénéficier des mêmes conditions d’enseignement ? Certains stagiaires enseigneront cette année sur deux écoles, avec parfois jusqu’à 4 niveaux de classes différents alors que d’autres pourront construire des projets pédagogiques sur deux jours consécutifs dans une même classe. La charge de travail et la complexité des préparations ne sont pas comparables, les conditions de validation de leur année de stage seront très différentes. Nous souhaiterions connaître les dispositions particulières qui ont été prises pour accompagner ces jeunes enseignants dans leurs classes.

Le SNUipp-FSU 21 dénonce à nouveau les refus d’octroi de temps partiels ou les changements de quotité imposés. Le seul argument de « l’intérêt du service » ne suffit ni à notre organisation syndicale, ni aux collègues concernés. Comment comprendre les différences de réponses apportées à des collègues exerçant dans la même école ou dans des écoles voisines : accord sans discussion, accord après discussion, refus après discussion ou changement de quotité ? L’idée de l’intérêt du service est alors très aléatoire... Quant à celle de la bienveillance, nous pouvons l’oublier !
Au final, des enseignants ne travailleront pas avec la quotité souhaitée ou exigée par leur état de santé. Pour ces derniers, il est à prévoir des conséquences en cascade : dégradation de leur santé, multiplication des arrêts de travail et nécessité de les remplacer.

Cette CAPD va entériner le tableau d’avancement à la hors classe au 1er septembre 2018. Le SNUipp-FSU-21 regrette que des critères plus justes n’aient pas été pris en compte pour le classement des collègues éligibles. Des collègues au 11e échelon de la classe normale ne seront pas promus alors qu’il paraîtrait logique qu’ils puissent changer de grade. Des collègues dont l’ancienneté de service est la plus élevée ne bénéficieront pas non plus de leur inscription dans le tableau des promus car leur AGS n’a pas été prise en compte, ceux-ci partiront à la retraite sans avoir obtenu un déroulement de carrière sur deux grades comme le promettait PPCR. Ils sont très amers devant ce manque de reconnaissance et nous ne pouvons être qu’en accord avec leur sentiment !
Nous demandons que les critères du barème d’accès à la hors classe soient révisés pour que les promesses de progression de carrière soient effectives pour chaque enseignant. Nous souhaitons également connaître la position du Ministre sur la demande de révision des avis des IEN à chaque campagne de promotion.

Au sujet de la classe exceptionnelle, nous avons appris que le contingent au 1er septembre 2018 doit correspondre à celui des 2 campagnes 2017 et 2018) soit 96 collègues, en remplaçant les collègues promu-es qui sont parti-es à la retraite. Pouvez-vous nous indiquer le nombre de collègues ayant pris leur retraite et quelles sont les modalités que vous avez retenues pour les remplacer.

Il nous semble que les collègues éligibles à un entretien de carrière en 2018-2019 n’ont pas encore été informés malgré ce que prévoit le texte, à savoir une information en fin d’année scolaire précédente.

A propos des départs en formation de modules d’initiative nationale ASH, il aurait été nécessaire de discuter et d’arrêter les critères de choix des candidatures en amont de l’appel à candidature et de cette CAPD. Nous espérons que de nombreux-ses collègues pourront bénéficier de ces formations.

Nous allons aujourd’hui débattre de « mutation dans l’intérêt du service ». Nous sommes toujours dubitatifs quant à cette procédure que vous mettez en place pour des situations qui, à notre sens, pourraient relever simplement de changement d’affectation. La procédure est lourde et les conséquences pour les collègues ne sont pas anodines. Vous indiquez à chaque fois que cette mesure n’est pas une sanction, mais lorsqu’elle n’est pas de l’initiative des collègues concerné-es, cela peut tout de même y ressembler.

Pour finir, sur l’actualité concernant les évaluations, le SNUipp-FSU réaffirme que les enseignant-es sont des professionnels concepteurs et non de simples exécutant-es. Il invite les équipes pédagogiques à reprendre la main sur toute évaluation proposée. Dans une véritable école « de la confiance », ni les élèves ni les enseignant-es ne doivent être soumis au stress permanent d’une évaluation à laquelle elles-ils n’accordent que peu de sens et qui ne sert que le levier du pilotage par les résultats. Aussi, bien loin du modèle d’une « école bienveillante et de la confiance », pourtant martelée tous les quatre matins sur les ondes par le locataire de la rue de Grenelle, le type d’évaluation proposée en ce début d’année scolaire ne permet pas de valoriser ce que l’élève sait ou sait faire ni de lui montrer ses progrès ou le chemin qui lui reste à parcourir.
Des évaluations par échantillon peuvent être nécessaires pour analyser un système éducatif, mais elles ne sauraient se confondre avec l’évaluation formative, conçue et analysée par les enseignants pour conduire les apprentissages. 
Les évaluations proposées en cette rentrée ne répondent ni à l’une ni à l’autre de ces préoccupations.

Lire le compte-rendu de la CAPD :


http://21.snuipp.fr/spip.php?article1220


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