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CAPD du 28 janvier : notre déclaration préalable

mardi 12 février 2019



Madame la Directrice académique,
Mesdames et Messieurs les membres de la CAPD,

Nous vous rencontrons pour la première fois. En ce début d’année 2019 le SNUipp-FSU 21 vous présente ses meilleurs vœux, ainsi qu’à l’ensemble des membres de la CAPD. Nous souhaitons que cette année soit riche en avancées pour nos collègues et en dialogue social réel et constructif. Nous souhaitons également que le mot « confiance » si cher à notre ministre ne soit pas bafoué par la mise en place de mesures qui mettent en cause l’expertise enseignante.
Ainsi, une fois de plus avec la mise en place d’évaluations de mi-CP, le ministre reste sourd aux remarques des enseignant-es, niant de nouveau leur professionnalité. Finalités, contenus, conditions de passation, de saisie et de remontée des résultats : la communauté éducative s’accorde à qualifier ces tests d’inadaptés, d’inutiles et source d’échec pour les élèves. Pour le SNUipp c’est toujours « Non ». Nous continuons de contester des évaluations destinées avant tout à justifier la politique éducative de ce ministère, engageant un pilotage du système par les résultats, ainsi que des changements dans les programmes avec des méthodes qui n’ont pas fait leurs preuves.
Si les programmes nationaux sont obligatoires, la manière de les décliner relève de la responsabilité des enseignants. Les professeurs des écoles doivent effectivement évaluer leur élèves, mais ils et elles doivent rester les concepteurs de leurs outils d’évaluation.
Le SNUipp, ainsi que 5 autres organisations syndicales, ont demandé dans un courrier commun au ministre, l’abandon de ce protocole. Le Ministre reste sourd … Le SNUipp-FSU invite les équipes pédagogiques à débattre du sujet sensible des évaluations CP standardisées pour décider, ensemble, si leur passation est utile à la réussite de leurs élèves. Nous les invitons également à rester sourds à la demande du Ministre en ne faisant pas passer ces évaluations si leur utilité n’est pas avérée.
La liberté pédagogique et l’appui de l’équipe doivent permettre aux professeurs des écoles de garder la main sur la conception de leur enseignement au service de la réussite de tous leurs élèves. En effet, comme le rappelle Philippe Meirieu, « enseigner c’est décider ! »

Nous faisons également un vœu plus général : il concerne les conditions de travail des enseignant-es et leur rémunération. En effet, nous sommes les grands oubliés du président de la République : aucune mesure annoncée pour notre pouvoir d’achat, aucune allusion à notre profession lors de ses vœux. Notre profession se trouve de plus en plus délaissée, les appels et nombreux mails reçus fréquemment à notre section en témoignent, le mouvement montant des stylos rouges le confirme. Il est plus que temps que le pouvoir entende cette colère exprimée par la profession. La réponse de la création d’un « observatoire des rémunérations enseignantes » n’est pas satisfaisante : un observatoire pour observer quoi ? Que les rémunérations des professeurs des écoles sont toujours parmi les plus basses des pays comparables de l’OCDE ou encore bien inférieures aux cadres de la Fonction Publique ou du secteur privé ? Ces chiffres sont connus de tous, nous les rappelons très souvent. Alors pourquoi faudrait-il « un observatoire » pour s’en assurer ?! Nous ne sommes pas dupes et nous avons bien évidemment appris à décrypter les mesures de notre ministre, il faut y voir là un dangereux glissement vers une rémunération individualisée et au mérite. Bien entendu, le SNUipp-FSU mettra tout en œuvre pour qu’une telle dérive soit empêchée.
Pour compléter cette déclaration relative à la rémunération, nous nous interrogeons sur l’absence de mise en œuvre des promotions automatiques depuis le 1er septembre 2018, promotions qui ne sont pas étudiées en CAPD et dont les collègues auraient dû bénéficier à la date de leur avancement.

Cette première CAPD de l’année suit de près les élections professionnelles qui ont conforté la place du SNUipp-FSU21 en tant que première organisation syndicale du département. Les enseignantes et enseignants de Côte d’Or nous ont renouvelé leur confiance et nous les en remercions.
Pourtant, l’organisation et le déroulement du vote furent souvent problématiques : de nombreux collègues n’ont pas reçu leur notice de vote (remplaçant-es, personnels exerçant en Rased, AVS et AESH...) et la plateforme a bloqué dès les premières connexions, réduisant la période de vote d’une journée entière.
Du côté des services départementaux, pour nous permettre plus d’efficacité dans la préparation des élections professionnelles, nous avions demandé et attendu vainement la liste des personnels du département promise pour la mi-octobre. Cette liste nous a été transmise quelques minutes après la fermeture du serveur de vote, nous pouvons interpréter ce délai comme une provocation !
Malgré tout, les enseignantes et les enseignants ont été nombreux à voter, la participation a été plus forte de plus de 7 points au niveau départemental que lors des élections de 2014, preuve de l’attachement des personnels aux commissions paritaires et l’importance accordée au rôle des représentant-es des personnels. Nous espérons que ce constat encouragera notre Ministre à reculer sur ses projets de restreindre le paritarisme.

Cette première CAPD se tient après une longue période de latence précédant et suivant les départs de Madame la secrétaire générale et Madame la Directrice académique. Beaucoup de dossiers sont restés en attente, sans réponse ou ont été traités avec beaucoup de retard.
Le SNUipp-FSU 21 ne manquera pas de vous interpeller à nouveau sur ces sujets, à commencer par les départs en stage de formation continue qui pour la première fois dans notre département ont été étudiés seulement en groupe de travail, sans validation de la CAPD.
Nous aborderons d’autres points en questions diverses.
Certaines questions touchent directement nos collègues dans le déroulement de leur carrière : les critères retenus pour l’appréciation finale des RV de carrière, la mise en place de commissions d’harmonisation entre circonscriptions, l’équité entre les personnels quels que soient leurs missions, leurs fonctions ou leur lieu d’exercice, la prise en compte de l’ensemble de la carrière des ex-instituteurs au niveau de l’ancienneté et la révision de l’appréciation pour l’accès à la hors classe. Votre prédécesseur avait pris l’engagement d’une réflexion autour de ces questions, le SNUipp-FSU 21 souhaite savoir si elle aura bien lieu.
D’autre part, les conditions de travail des enseignantes et enseignants ont souvent été abordées lors des commissions passées, notamment par rapport aux difficultés d’exercice avec un ou des élèves « incontrôlables », et parfois des parents d’élèves « ingérables ». La distribution d’un protocole de « gestion des élèves à comportement perturbateur ou à besoins éducatifs particuliers dans le premier degré » voté en CHSCT départemental n’aura d’intérêt que si l’administration s’engage à agir mais également à informer les collègues en souffrance de l’avancée en temps réel du traitement des dossiers. Là encore, une réflexion devait être engagée avec les membres de la CAPD autour de ces questions, le SNUipp-FSU21 souhaite savoir si cet engagement sera tenu.
En effet, à de trop nombreuses reprises, des promesses de réunions de groupes de travail sur plusieurs sujets relevant de la compétence de la CAPD qui nécessitaient un travail de réflexion importante n’ont pas été concrétisées.
Nous ne pouvons que souhaiter repartir sur de bonnes bases avec de vrais temps d’échanges qui permettent des améliorations pour l’ensemble des enseignant-es, surtout lorsqu’il ne s’agit pas d’une question de moyens mais uniquement de positionnement locaux : nous faisons en particulier référence au mouvement intradépartemental.

Nous avons attendu le calendrier des réunions institutionnelles pendant un trimestre. Quelle surprise à sa lecture de voir qu’il s’agit d’un copier coller de celui des années précédentes. Aucune modification, aucun groupe de travail supplémentaire, pas d’indication du calendrier du mouvement et toujours une dernière date de CAPD à la veille des congés, mettant en général en difficulté les services, les collègues et les écoles, sans parler des représentant-es des personnels.
Nous vous demandons donc, Madame la Directrice académique, de pouvoir échanger au sujet de ce calendrier.

Pour terminer, nous tenons à rappeler notre attachement à pouvoir siéger dans de bonnes conditions dans toutes les commissions ou comités pour lesquels nous avons été élu-es. Ces bonnes conditions passent par la garantie que nous serons toutes et tous remplacé-es dans nos classes au moment de la réunion, mais aussi lors des temps nécessaires de préparation. Il s’agit en effet de la mission première des titulaires remplaçant-es. Nous avons pu constater la semaine dernière que ces garanties n’étaient pas tenues, mettant en difficulté certain-es représentant-es des personnels vis à vis de leurs élèves, de leurs collègues et des familles.

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