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BLANQUER FAIT LE CHOIX D’UN BAC INJUSTE ET ILLEGAL

vendredi 5 juillet 2019

Dernier communiqué de l’AG : RDV 15h au rectorat

Cagnotte de soutien aux collègues grévistes : je suis solidaire et je participe ! Et vous ?

Tract AG


Nous sommes réunis en AG, correcteurs et non correcteurs, grévistes depuis plusieurs jours ou depuis aujourd’hui, avec l’AG inter-degrés et le soutien de l’intersyndicale (SNES-FSU, SNFOLC, CGTEducation, SNALC, Sud Education, CNT).
Nous avons rassemblé des témoignages de différents jurys et de
différents centres de l’académie. Partout nous constatons des
irrégularités graves, voire des infractions : rentrées de notes arbitraires non signalées explicitement, parfois avant la tenue des jurys (20/20,1/20, moyenne de l’année ou meilleure moyenne trimestrielle), impossibilité de consulter les livrets scolaires, ce qui empêche de rattraper quelques points manquants pour éviter un oral de rattrapage ou avoir une mention, pressions et menaces sur de nombreux personnels sommés de rentrer les notes, voire de corriger des copies non encore corrigées, jurys se tenant avec seulement quelques professeurs ce qui empêche là aussi de rattraper quelques points et disparités de décisions d’un jury à l’autre.
Ces conditions invalident de facto les résultats du baccalauréat en
raison d’une rupture dans l’égalité de traitement des élèves.
Nous continuons à défendre nos revendications :
- Abrogation des réformes des lycées (maintien d’un bac national et équitable)
- Abandon de la loi sur l’école de la confiance
- Abandon de loi de transformation de la Fonction Publique.


Nous continuons à demander à être reçus par le ministre.
Nous appelons les élèves, les parents, les enseignants et toute
personne se sentant concernée à un rassemblement vendredi 5 juillet à 15h devant le Rectorat.

Fait à Dijon le 4 juillet 2019



LE SNUipp-FSU 21, avec la FSU21, fait partie du collectif inter-degré et soutient l’action des collègues grévistes !


Des correcteurs et correctrices sont en lutte, en grève et donc ne rendent pas (tout de suite) les notes et/ou les copies.
Ils et elles subissent des pressions lourdes : courrier de mise en demeure de rendre les copies et signalement au procureur de la République en cas de non exécution de la mise en demeure.


Les grévistes ne « prennent pas les élèves en otage » ! Ils/elles veulent simplement le retrait de la loi Blanquer qui notamment institue un bac à valeur locale et non plus nationale, qui désorganise et affaiblit les enseignements en lycée, accentue le tri social, avec le dispositif Parcoursup en fin de course, les services d’orientation étant dans le même temps saignés au détriment des élèves d’origine modeste.

Une caisse de grève est ouverte par une militante SNES-FSU participant aux AG à Dijon :
https://www.lepotcommun.fr/pot/ainxyjso

Cette caisse est tenue de manière très sérieuse par l’AG.

Tout geste, même modeste, sera un soutien appréciable pour des collègues résistant courageusement à une administration brutale et dans la tactique du rouleau compresseur.



Grève du bac : Blanquer et le K.O. (Café pédagogique)

« Je garantis que tous les élèves auront leurs résultats demain matin ». JM Blanquer a opté pour l’extrême fermeté le 4 juillet face aux grévistes du bac. Il les menace de sanctions et de retenue sur salaire. Le ministre nie les difficultés pourtant bien réelles apparues ce jeudi 4 juillet dans les jurys. Pour JM Blanquer ce chaos n’est qu’un mensonge diffusé par la presse. A la veille des vacances, le ministre mise sur la volonté de la population d’un retour à l’ordre et veut mettre les enseignants qui osent le défier K.O.

Le chaos
Le chaos justement il en a beaucoup été question le 4 juillet. Les réseaux sociaux véhiculent de nombreux témoignages de jurys refusant de mettre des notes de controle continu et de manipulations des notes faites par les chefs de centre. De tout cela il ne sera pas question avec JM Blanquer qui n’y voit que crédulité de la presse. JM Blanquer était venu pour dire que la multiplication des incidents dans les jurys relevait de la manipulation médiatique. Selon lui, il n’y a que 700 correcteurs qui n’ont pas rendu leurs notes, essentiellement dans 3 académies (Créteil Versailles Toulouse). Cela représenterait 33 000 copies non rendues. Tant pis si la seule assemblée générale de Paris réunit à elle seule à peu près 500 enseignants le 4 juillet, le double de la veille.

Le message du jour c’est qu’il « garantit que tous les élèves auront leurs résultats demain matin », le 5 juillet. On se demande bien comment cela sera possible alors que de nombreux jurys ont été troublés et se sont dispersés dans la journée. Visiblement le ministre compte sur les personnels de direction, chefs de centre, pour entrer des notes et délivrer le diplôme même de façon irrégulière.

Parce que le ministre doit bien reconnaitre qu’il a perdu la bataille des notes. Dans un communiqué il annonce qu’en cas de note manquante, « les jurys sont invités à remplacer celle ci à titre provisoire par la moyenne obtenue par l’élève sur les 3 trimestres de la terminale dans la matière concernée ». Dans une note envoyée aux jurys, il est prévu qu’en cas d’absence de livret scolaire les jurys inventent la note.

Quand on l’interroge sur la rupture d’égalité entre les candidats du fait de ces mesures, il argue « des circonstances exceptionnelles ». Les noms des candidats ayant des notes provisoires (copies non rendues remplacées par les notes de l’année ou des notes imaginées quand il n’y a pas de livret scolaire) seront affichés dans les centres dès le 5 juillet.

Des K.O.

Mais le ministre est surtout venu menacer les profs récalcitrants, « ceux qui sabotent ». « Les Français attendent un ministre qui tient l’éducation nationale », affirme JM Blanquer. Conserver les notes , « c’est une perte complète du sens du service public », estime JM BLanquer. « Ceux qui se mettent dans des situations contraires au droit seront sanctionnés » affirme t-il d’abord avant de parler de « ceux qui commettent des exactions », comme si la grève était une « exaction ». Il « leur indique de faire attention » et promet de s’occuper d’eux « en son temps ». Ces promesses ne sont probablement pas à prendre à la légère. Le ministre est certain de l’isolement de ces troublions. « La majorité des professeurs n’a pas envie de vivre sous la dictature de quelques uns », dit-il. Il veut assommer le mouvement de contestation par des sanctions.

JM BLanquer se présente comme « un homme de dialogue » et déplore que « certains essaient de (lui) donner une image autoritaire ». Tout en ajoutant qu’il « ne travaille pas sous le chantage »... D’après lui il a lancé une consultation sur la réforme du lycée puis une concertation et retenu quelques proposition syndicales. Il est prêt a donner la liste des réunions avec les syndicats, comme si c’était le signe d’une véritable concertation.

Alors que les enseignants grévistes et les syndicats appelaient à la négociation, promettant de rendre immédiatement les copies, JM Blanquer leur claque la porte au nez. Il fait le pari de la mort des syndicats et de la contestation. Il s’apprête à faire tomber des têtes et briser ce qui reste de la contestation.

Quelles conséquences ?

La première conséquence de cette politique c’est qu’effectivement tous les candidats devraient avoir un bordereau de notes le 5 juillet. Le ministre pourra démontrer qu’il « tient » l’éducation nationale. Mais à quel prix ! Dans beaucoup de jurys on aura pris beaucoup de liberté avec les textes.

La seconde c’est de rendre la rentrée très difficile. Contrairement à ce que dit le ministre ses réformes sont largement rejetées par les enseignants comme le montre par exemple le Baromètre Unsa (6% des enseignants approuvent la politique ministérielle). Le retrait des EPSF de la loi Blanquer illustre que l’opposition enseignante peut faire reculer le ministre et qu’elle dépasse le cadre des lycées. La façon dont le ministre traite les enseignants et leurs représentants aggrave les choses. Ses propos ont déjà fait durer le mouvement de garde des notes. Il faut s’attendre à des troubles dans les établissements dès la rentrée.

La troisième conséquence c’est la forte probabilité de recours en série de parents contre les décisions des jurys. Les instructions données ont créé une inégalité entre les candidats certains étant évalués sur les notes du bac, d’autres sur leurs notes de l’année, d’autres encore sur des notes imaginées. De nombreux témoignages montrent que pour appliquer les instructions ministérielles, des chefs de centre ont pris de grande liberté avec le règlement d’examen. C’est une vraie autoroute à contestation, juridique cette fois, que le ministre a ouvert.

Parce qu’il ne veut pas assumer de discuter avec les professeurs grévistes, pourtant reçus par la petit porte par son cabinet, parce qu’il a entrepris de casser les syndicats, parce qu’il n’est pas un homme de dialogue, JM Blanquer fait la politique du pire. Il croit qu’affaiblir les syndicats éliminera la contestation. C’est toute l’Ecole qui va payer le prix de cette illusion.

François Jarraud

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