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déclaration Préalable du SNUipp FSU au CTSD du 16/02/2013

lundi 2 septembre 2013

Déclaration préalable de la FSU
pour le CTSD du 7/02/2012 reporté au 16/02/2012

Madame la directrice académique,
Le gouvernement a engagé sa dernière année de législature en accentuant la saignée qu’il impose au service public de l’Education Nationale avec acharnement depuis 2007. Le dogme de la réduction des dépenses publiques se pratique avec un catéchisme récité frénétiquement : « leviers d’action », « gisements d’efficience », « performance globale », « non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite »... cette liturgie augmente les effectifs par classe, supprime les décharges, amenuise les RASED, rabote la formation continue, rétrécit le maillage territorial, affaiblit les capacités de remplacement au détriment des élèves les plus fragiles. A cela s’ajoutent des projets tels que celui de l’évaluation des enseignants ou la transformation des GRETA en GIP qui sont totalement rejetés par la profession. C’est pour quoi depuis le début de l’année scolaire de nombreuses mobilisations des personnels ont eu lieu : dès le 27 septembre, puis le 15 décembre et le 31 janvier et plus récemment les 07 et 09 février.
D’ailleurs, le 07 février, nombreux étaient les parents d’élèves, élus, enseignants venus manifester leur mécontentement face aux trop nombreuses propositions de suppressions annoncées dans notre département.. Malgré un froid glacial, les délégations ont attendu d’être reçues : pourquoi ne pas avoir annoncé un ordre de passage ? Ce manque de considération a été très mal ressenti de la part de toutes les personnes présentes.
De plus, des délégations ont appris que beaucoup de chiffres retenus pour les effectifs étaient ceux du mois de septembre alors que les directeurs transmettent au jour le jour des chiffres actualisés à leurs IE N et que vous avez aussi accès à base élèves Vous nous dites très fréquemment que vous voulez regarder les effectifs au plus près ? Comment pouvez-vous alors justifier cet état de fait

L’amplification des suppressions de postes dans la fonction publique d’Etat a de multiples conséquences :
Pour les collectivités locales : le transfert des compétences de l’Etat contraint ces dernières, au grand dam de notre président, à recruter des agents territoriaux, car le travail lui ne disparaît pas avec les fonctionnaires chargés de le faire. Ce transfert, le plus souvent sans compensation financière, oblige les collectivités territoriales à augmenter les impôts (puisque l’état a imposé la disparition d’autres sources de revenus comme la taxe professionnelle et encadré d’autres comme le foncier bâti). Il faut croire que l’objectif de notre président n’est pas la résorption du chômage mais son aggravation…
Pour les enfants : désormais les classes à effectifs surchargés, à cours multiples sont légions au détriment de la qualité du service public. La recrudescence d’élèves nous conduira à repousser les murs pour pouvoir les accueillir dans des conditions de travail et de sécurité « normale ».
La suppression des postes RASED et même avant cela l’absence et l’insuffisance des départs en formation spécialisée les rendant vacants a pour conséquence de laisser sur le bord de la route les élèves les plus en difficulté et ce d’autant plus s’ils habitent à la campagne., Madame la Directrice Académique des Services de l’Education Nationale, les enveloppes consacrées aux déplacements des personnels sont tellement insignifiantes que la plupart des personnels ont utilisé leur crédit en seulement un ou deux mois et certains en viennent même à refuser de passer un temps précieux devant un ordinateur pour se faire rembourser des dotations insignifiantes. A ce propos, quand le montant des enveloppes sera-t-il communiqué ? Quelle répartition entre circonscriptions et entre personnels ? Nous vous demandons une nouvelle fois de nous indiquer les crédits alloués.
En parlant des frais, pourriez-vous nous communiquer ceux engagés pour l’installation des bureaux des circonscriptions du Grand Dijon et nous indiquer à quelle ligne budgétaire ils correspondent ?

Que dire des conditions d’apprentissage, comparée à celle de la Finlande (qui nous dépasse dans les évaluations internationales) où les maîtres surnuméraires sont présents dans toutes les écoles, où des aides spécialisées sont disponibles à la moindre difficulté d’un enfant. Comment s’étonner que notre système soit malheureusement reconnu comme aussi peu efficace et aussi discriminant socialement ? « Le poids des inégalités sociales est toujours aussi fort pour expliquer les performances moyennes des élèves à l’âge de 15 ans en France », a constaté l’OCDE dans un rapport récent
Que dire également de tous les élèves qui sont en attente d’une place dans une structure adaptée à leur besoin en termes de scolarisation et/ou d’accompagnement (CLIS, ULIS, SESSAD, IME…) ? Les listes d’attente s’allongent, provoquant de fait des bouchons, car les places non libérées dans les structures spécialisées génèrent encore plus d’attente, sans compter toutes les souffrances que cela engendre. Quelle réponse faites-vous aux familles, quelles solutions proposez-vous ? Nous ne voyons nulle part apparaître de créations de CLIS, d’ULIS qui sont pourtant de votre compétence !
La fermeture l’an passé du poste d’enseignant référent secrétaire de CDOEA a conduit à une désorganisation complète, nuisible au traitement des dossiers cette année : des sous commissions validées à peine une semaine avant leur tenue, des invitations envoyées aux membres à la dernière minute sans qu’ils aient été sollicités préalablement La suite risque aussi d’être compliquée, puisqu’assurée par ’une seule personne qui a déjà d’autres fonctions et suffisamment de travail…N’est-ce pas la preuve que ce poste était utile et manque cruellement cette année ? Par manque de moyens, on traitera moins de dossiers et on nous expliquera ensuite que les demandes sont en baisse, ce qui permettra de fermer certaines structures.
Pour les parents : quand un enfant est en difficultés, faute d’aide possible ou suffisante à l’école et par le RASED, il faut grever son budget par la recherche de solutions d’aides extérieures. De plus, les CMP et autres structures sont surchargés, moribonds et pour certains trop éloignés géographiquement. Votre proposition de fermer un poste option E au CAMSP réduira les possibilités d’accompagnement.
Il faut aussi parler des journées de congés prises par ces mêmes parents pour garder leurs enfants parce que les maîtres ne sont pas remplacés. Quand, face à la pénurie de remplaçants, vous choisissez de ne pas remplacer en maternelle, ou dans certaines classes de l’élémentaire qui est pénalisé ? Les enfants, les parents et les enseignants qui doivent se répartir les enfants restants. Ce sont des journées de classes entières qui sont perdues pour tous les élèves d’une école parce qu’on ne peut travailler avec 35 élèves ou plus. L’annonce de la suppression de 19 postes de remplaçants va encore aggraver la situation. Quant à la modification d’implantations des différents postes de remplaçants en brigade poste remplacement, que cache-t-elle ? Nous aimerions à ce titre, connaître le nombre de 1/2 journées d’absence non remplacées. Nous souhaitons aussi rappeler que les remplaçants sont des enseignants devant élèves et qu’ils doivent de ce fait bénéficier du droit à une carte pass éducation.
L’école fait partie de la société, elle en est le reflet : de ces violences qui envahissent de plus en plus nos établissements, de l’intérêt porté au plus démunis avec la disparition des RASED, des priorités qui sont celles de nos dirigeants (et visiblement l’école n’en fait pas partie), de la reconnaissance du travail des enseignants au travers de leur rémunération
Conséquences pour les enseignants :
De plus en plus de collègues craquent sous la pression : trop d’élèves, trop de stress (pressions), trop de préparations, trop de copies, TROP !. Désormais il faut gérer seul des situations de plus en plus abracadabrantes : les parents en rupture, les enfants à la dérive, l’absence de places dans les structures spécialisées, l’obligation de gérer seul la difficulté scolaire avec la disparition des RASED et cerise sur le gâteau, l’enseignement « sur mesure » selon l’expression de M. Châtel...tout ça avec une formation continue des plus réduites. Sans parler des discours pour le moins ambigus de certains responsables de l’Education Nationale sur la question de l’Aide Personnalisée qui viendrait se substituer aux RASED.

Cette situation est inacceptable et nous exigeons l’annulation des suppressions de postes et des fermetures de classes prévues à la rentrée 2012.
Aujourd’hui la formation continue des enseignants est moribonde : dans le premier degré, obtenir un stage relève d’une aubaine incroyable : environ 6% de chance d’être pris-e ! Nos responsables considèrent donc que la formation ne saurait être un moyen d’améliorer la qualité de l’enseignement et la réussite de tous nos élèves ? La suppression des postes de conseiller pédagogique, tout comme celle de 19 postes brigade formation, confirme le peu d’importance donné à la formation. Dans le second degré, ce n’est pas mieux, et on ose proposer des stages sans prise en charge des frais de déplacement à des collègues résidant à l’autre bout du département !

Par contre, le texte sur l’évaluation des enseignants en dit long sur les orientations catastrophiques qui se dessinent. Les grèves et manifestations des 15 décembre et 31 janvier ainsi que la pétition unitaire signée par plus de 73 000 collègues témoignent de l’opposition massive des enseignants des écoles, des collèges, lycées et L.P à ce projet. La FSU exige le retrait définitif de ce texte. Ce n’est pas en essayant de culpabiliser les enseignants aux yeux de la population, en les mettant sous une pression directe qu’on fera progresser la réussite de tous : au contraire, c’est en investissant massivement dans la formation, en recrutant avec des salaires attractifs et ce au-delà des premières années, en développant les RASED, etc… Le budget est révélateur : on considère que faire des cadeaux aux grands patrons est largement prioritaire sur l’éducation de tous. Inutile de préparer l’avenir, tout ira bien. Il suffit que les enfants des plus riches s’en sortent : ils n’ont pas besoin de l’école de la république, ils ont l’école privée où les avantages sont florissants (reconnaissance d’utilité publique de fondations privées chargées de financer l’enseignement confessionnel, loi Carles…).
C’est la notion même de service public qui est mise à mal, c’est le vivre ensemble qui est nié. L’école républicaine, dernier bastion de la mixité, du vivre ensemble, de l’acquisition de repères communs est agonisante L’école devient un centre de tri social.
Que dire des salaires de la Fonction Publique ? Un récent rapport de l’OCDE révélait ce que nous savions déjà : les enseignants français sont les plus mal payés d’Europe. Le salaire net ne cesse de baisser avec la hausse des cotisations, l’instauration d’un jour de carence .Le salaire est le reflet de la considération sociale, ce n’est pas la FSU qui l’affirme mais notre président qui refusait d’avoir un salaire inférieur à celui de son premier ministre (question de prestige disait-il). Alors serions-nous à ce point en bas de l’échelle sociale que toute augmentation soit inconcevable ? Nous acceptons volontiers que le point d’indice de la fonction publique soit revalorisé dans les mêmes proportions (172%) que le salaire du président de la République !
Comment s’étonner alors qu’aussi peu de jeunes étudiants acceptent d’entrer dans notre profession ? Et ce n’est pas le replâtrage lamentable des indemnités de début de carrière qui va décider les meilleurs d’entre eux à se lancer ! En ne touchant qu’à une infime partie de la profession (environ 20%), on laisse 80 % des enseignants sans perspective autre que la GIPA… Quelle revalorisation en effet !
I. Education prioritaire
Dans ce cadre, la mise en place du dispositif ECLAIR est inadmissible et la FSU en demande le retrait. Aujourd’hui nous constatons qu’il n’est plus question de construire une école démocratique assurant la promotion de chaque élève mais de sortir une petite minorité d’élève des zones difficiles pour justifier d’une « pseudo » égalité républicaine méritocratique. D’un simple point de vue démocratique, ce dispositif est inique : il permet de faire fi des règles et du statut de la Fonction Publique en permettant au chef d’établissement de choisir son équipe. Au lieu de proposer des actions de formation (ce mot existe-t-il encore dans le vocabulaire de nos dirigeants ?), des moyens humains partout où les besoins sont avérés, on préfère répartir la misère et renforcer la hiérarchie plutôt que de fournir à TOUS les élèves les moyens de se construire un avenir. On abandonne l’idée de l’école républicaine socle de la citoyenneté, du vivre ensemble et de l’ascension sociale, de l’équité pour assigner à l’école le rôle de Lexomil des banlieues, de tri social, d’adaptation des parcours non pas vers le haut avec une vraie ambition pour chaque enfant qui nous est confié, mais vers le bas, vers l’apprentissage a minima, la désespérance, le renoncement.
La logique managériale n’a pas sa place dans l’école, nous ne produisons pas des boîtes de sardines mais nous nous aidons des individus qui formeront la société de demain à se construire. A la FSU nous avons une autre ambition pour l’école que les contrats d’objectifs qui n’ont rien à y faire. Ce que nous voulons, ce que veulent les collègues, c’est du temps pour se concerter, réfléchir collectivement aux problématiques, c’est de la formation pour mieux appréhender la complexité des situations, ce sont des moyens humains dans et hors de l’école pour croiser les regards, échanger, mettre en place des actions dans le cadre scolaire et hors de ce cadre. L’école à elle seule ne peut pas compenser toutes les lacunes de la société, son rôle reste et demeure la transmission de savoir mais aussi la formation de citoyen, d’individus libres et égaux.
La FSU se félicite d’avoir obtenu par arrêt de justice, que la mastérisation soit déclarée illégale par le conseil d’état. Pour la FSU il est urgent de mettre en place une vraie politique de formation des maîtres dans les IUFM en prise avec la recherche. La cour des comptes ne s’y est pas trompée puisqu’elle constate l’échec complet de cette réforme : sur le plan économique, sur le plan de la formation, sur le plan du recrutement des nouveaux professeurs…
Reste cette question : Quelles formes recouvrira la stagiarisation des PES, PLC… l’an prochain dans ce contexte ?
Mais cette situation illustre bien le mépris de l’administration pour les instances paritaires.
II. Nécessité d’un CTSD spécifique pour le second degré

Une fois de plus notre académie est lourdement ponctionnée, en termes de postes pour la rentrée prochaine, encore 157 pour le secondaire. Tout cela en dépit de réalités d’un territoire rural où de sérieuses difficultés socio-économiques sont mesurées. Nous renouvelons notre avertissement sur l’incapacité qui en résulte de répondre aux enjeux de la démocratisation et de la réussite de tous les élèves.

Pour la voie professionnelle, les suppressions de filières et les réductions d’effectifs dans des secteurs offrant pourtant des débouchés en termes d’emploi sont inadmissibles au moment où le chômage des jeunes n’a jamais été aussi important. Pour les filières supprimées, on nous répond qu’elles ont fait face à des difficultés de recrutement : l’Etat, le Rectorat a-t-il suffisamment communiqué sur ces filières, trop préoccupés d’envoyer les collégiens en plus grand nombre vers la voie générale ? Où se réjouit-il d’y voir une occasion de fermer encore plus de postes ?
La FSU s’insurge également contre les réductions d’effectifs pour les BTS post BAC Pro Tertiaires (comptabilité et secrétariat), à l’heure où le niveau BAC n’est plus suffisant pour intégrer le monde du travail. Par ailleurs, la FSU s’oppose aux créations de filières mixtes, mélangeant apprentis et élèves sous statut scolaire dans les mêmes classes. Ses buts sont clairs : faire entrer l’apprentissage dans nos établissements, première étape du démantèlement de l’enseignement professionnel public, et annualiser le temps de travail des PLP, ce qui, nous le rappelons, est hors statut.

Les documents joints à la convocation de ce CTSD, sont d’une rare indigence car ils sont strictement limités à la DHG et aux prévisions d’effectifs des établissements, sans aucun élément comparatif.
Il n’y a ni la carte des langues vivantes, ni celle des options offertes dans les lycées, ni celle des sections sportives. Rien non plus n’apparaît sur l’évolution des heures supplémentaires.
Rien sur les sections professionnelles, leur répartition géographique sur le département, et la refonte de la carte des sections professionnelles

Les représentants des personnels que nous sommes sont de fait privés de tous moyens d’information et de défense des collègues. La situation des collèges, lycées et LP du département ne peut pas être traitée comme un point annexe de la carte scolaire du premier degré et nécessite une information et une discussion approfondies, c’est pourquoi nous formulons la demande d’un CTSD spécifique sur les problèmes du second degré.

Nous voulons aussi revenir sur le dialogue social que vous mettez en place. Certes, vous êtes dans votre droit en refusant les questions diverses qui ne sont pas proposées par la moitié au moins des délégués, probablement l’êtes-vous aussi quand vous nous répondez que l’ordre du jour est identique lorsqu’une réunion a été boycottée mais les questions posées nécessitent des réponses rapides pour l’ensemble de notre profession. Que craignez-vous si vous les acceptez ? Que risquez-vous à vouloir y répondre ? Pour nous, en tout cas, ce serait là, un signe en faveur d’un dialogue que nous voulons constructif !
Et pour conclure, nous vous demandons, comme cela a toujours été le cas dans notre département, que les fédérations soient destinataires des documents.

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