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Hommage à Christine Renon

samedi 5 octobre 2019



Le texte lu par le SNUipp-FSU 21 lors du rassemblement qui a réuni plus d’une centaine de personnes le 3 octobre pour un hommage à notre collègue décédée le 21 septembre dernier :


Le 21 septembre dernier, Christine Renon, directrice d’école à Pantin en Seine St Denis (93) a mis fin à ses jours sur son lieu de travail.
A travers une lettre qu’elle a adressée, juste avant sa mort, aux directeurs et directrices d’école de Pantin, à l’inspection et à son syndicat, la collègue nous a fait part de sa souffrance dans l’exercice de ses missions de directrice d’école ; ce qui l’a conduit à ce geste désespéré, geste qui témoigne d’une situation d’extrême souffrance au travail qui fait écho au mal être de l’ensemble de la profession et à celui de trop nombreux autres salariés.
Les enseignantes et enseignants de Côte d’Or expriment leur peine et apportent tout leur soutien à sa famille et à ses proches qui vivent une terrible épreuve, ainsi qu’à tous ses collègues et élèves
touchés par ce drame.
Notre collègue a signé sa lettre de 3 pages « Une directrice épuisée ». En effet, la mission de direction d’école s’est complexifiée ces dernières années notamment à cause des injonctions hiérarchiques, parfois contradictoires, de plus en plus déconnectées du travail de terrain et de l’alourdissement des
tâches dévolues à cette mission.
La désorganisation des nominations des collègues dans les écoles, suite à de nouvelles dispositions imposées par le ministère, n’a pas permis une rentrée aussi sereine que veut bien le faire penser le
ministre.
La solitude de la mission de direction d’école dans les tâches quotidiennes administratives et organisationnelles qui s’accumulent devient, au fil des années, insupportable.
Le manque de formation et d’accompagnement pour les directrices et les directeurs d’école lors de la gestion de situations de crise renforce le sentiment de solitude face à des décisions impactant
familles, élèves et collègues.
Les directives ministérielles, rectorales et académiques se superposent, sans jamais faire le lien avec les professionnels de terrain pour les mettre en cohérence, en vérifier la faisabilité … Cette marche forcée de réformes rejetées par la profession, via les instances paritaires ministérielles comme académiques ou départementales, contraint de nombreux collègues à mettre en œuvre sous la pression hiérarchique des mesures qui heurtent leur professionnalité, voire qui bafouent leurs valeurs humaines et professionnelles.
Le ministre dans ses communiqués continue néanmoins de parler du « bien être » des enseignants de « confiance » et de « bienveillance » en restant sourd et aveugle face à leurs conditions de travail sans cesse détériorées et dont l’institution est responsable.
Nous n’avons de cesse d’alerter sur les conditions d’exercice, le manque de moyens et l’insuffisante reconnaissance professionnelle accordée aux directeurs et directrices d’écoles et à l’ensemble des enseignant-e-s en général. Des conditions de travail qui impactent les conditions d’enseignement des élèves.
Aussi, pour que la mort tragique de notre collègue ne soit pas vaine, nous exigeons du Ministre, du Recteur, comme du DASEN et de ses inspections qu’ils prennent toute la mesure de la situation de l’école. Des réponses urgentes et concrètes doivent être apportées pour un meilleur fonctionnement de l’école. Celles-ci doivent garantir notre santé, notre sécurité, notre bien-être au travail et notre intégrité morale et physique afin que cela ne se reproduise plus jamais.

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