Retour accueil

Conseil national des 13 et 14 novembre 2019 Texte action adopté

lundi 18 novembre 2019



Partout dans le monde, on assiste à un réveil des peuples pour réclamer plus de justice sociale et plus de démocratie. Ces mobilisations aux origines diverses montrent que le libéralisme, la captation des richesses, la progression des inégalités dans tous les pays, les abus de pouvoir, les atteintes aux libertés et la violence répressive qui l’accompagne, sont de plus en plus contestés. En Europe, ces effets débouchent trop souvent sur une fausse alternative en forme d’impasse entre libéralisme et extrême droite. Il est nécessaire de construire des alternatives progressistes à ces politiques anti-sociales et dangereuses.

Après l’humiliation publique d’une mère voilée et de son enfant, la polémique sur le voile ressurgit sur fond de campagne électoraliste pour capter l’électorat du vote d’extrême-droite. Ce climat de stigmatisation des musulman.es conduit à une recrudescence des violences à leur égard comme lors de l’attentat de Bayonne.
Le SNUipp-FSU réaffirme son refus de toutes les formes de racisme et son attachement à ce que toutes les familles aient leur place à l’école et exige du ministre qu’il soit garant de la loi et des principes de laïcité.

La criminalisation des soutiens des exilé.es, la volonté d’instaurer des quotas et de repousser la prise en charge des migrant·es participe au choix de s’écarter d’un accueil digne et humain, met en danger et fait sciemment le jeu de la droite extrême.

Le gouvernement poursuit le démantèlement du modèle social français en modifiant les règles d’indemnisation du chômage et en projetant une réforme systémique des retraites.
Les nouvelles règles de l’assurance chômage, entrées en vigueur au 1er novembre, vont rendre plus inaccessible l’indemnisation : moins de droits ouverts et des indemnités plus faibles, ce sont les plus précaires qui seront les plus touché·es.
L’étranglement financier et le pilotage du service public hospitalier, dans une logique de privatisation, amènent à une mobilisation des personnels. Le SNUipp-FSU apporte son soutien à ce mouvement de défense du service public et de ses agent.es.

Dans la Fonction Publique, les rémunérations des agent·es sont à nouveau bloquées pour l’année 2020 traduisant le mépris du gouvernement pour les fonctionnaires et les personnels de la Fonction publique. La rencontre initiée par le ministère sur le sujet ne se traduit par aucune proposition concrète : le SNUipp-FSU poursuivra sa campagne de communication auprès des agent·es et de l’opinion. 

 Mobilisé·es contre le démantèlement du système des retraites

Sur le dossier majeur des retraites, une mobilisation interprofessionnelle d’ampleur est nécessaire pour refuser ce projet qui détruirait totalement notre système de retraite à prestations définies pour moins de justice et des pensions beaucoup plus faibles pour toutes et tous, mettant ainsi à mal la solidarité intergénérationnelle. Ce mouvement doit être massif, inscrit dans la durée, dans un cadre intersyndical le plus large possible et déterminé à créer le rapport de force nécessaire pour l’abandon de ce projet de réforme.

Le SNUipp-FSU appelle les personnels à la grève le 5 décembre dans le cadre d’un appel interprofessionnel. Pour réussir cette journée, le SNUipp-FSU poursuivra sa campagne de conviction et d’information contre cette réforme qui serait une régression sociale sans précédent, particulièrement pour les enseignant.es du premier degré. Il les appelle à participer massivement à la grève, aux manifestations et aux assemblées générales qui doivent discuter des suites de l’action.
Pour s’opposer à cette réforme, le SNUipp demandera à la FSU de déposer d’un préavis de grève sur la période après le 5 décembre, donnant ainsi la possibilité de reconduire la grève.
Dans les assemblées générales qu’il organisera, le SNUipp-FSU mettra en débat avec les personnels les suites de l’action et le calendrier envisagé (reconduction, nouveau temps fort national la semaine suivante, nouvelle journée de grève, manifestation un samedi…).
Le SNUipp-FSU soutiendra les mobilisations décidées et construites avec les personnels.


 Grenelle des violences

Deux mois après le lancement du « Grenelle des violences » faites aux femmes, la réalité de celles-ci s’incarne dans le nombre intolérable de 133 féminicides. Les premières annonces issues de cette opération de communication gouvernementale sont des mesures revendiquées depuis longtemps par les associations et ne vont pas suffisamment loin. Elles évacuent notamment la question de l’éducation à l’égalité et la prévention des violences et ne s’accompagnent pas d’un budget ambitieux qui permettrait leur mise en œuvre.
Le SNUipp-FSU appelle les collègues à participer aux marches « contre les violences faites aux femmes » organisées sur tout le territoire le 23 novembre prochain. Il s’engage à participer à la construction de la journée du 8 mars prochain.


 Lignes directrices de gestion

L’application de la loi du 6 août 2019 dite de « transformation de la fonction publique » qui organise la disparition des CHS-CT et remet en cause les compétences des CAP se fait à marche forcée, sans écoute des organisations syndicales, actant de fait leur exclusion de la gestion des carrières des personnels. Les lignes directrices de gestion ministérielles relatives à la mobilité des personnels du ministère de l’éducation nationale en sont une des conséquences. Elles instaurent de nouvelles modalités qui ne garantiront plus la transparence et l’équité d’abord dans les opérations de mutation (dès le 1er janvier 2020) et ensuite sur les carrières, livrant ainsi les collègues à l’arbitraire de la hiérarchie et à l’opacité. Le SNUipp-FSU réaffirme sa ferme opposition au démantèlement du paritarisme.
Ces changements nous amènent à poursuivre la réflexion autour de l’exercice de notre syndicalisme dans ces conditions. Lien avec les personnels, garantie des droits, conditions de travail, professionnalité construction collective… sont des axes à développer. Le SNUipp-FSU continuera à informer et conseiller les personnels et à porter les revendications collectives.


 Budget

Si le budget 2020, est en légère hausse pour l’enseignement primaire, celle-ci correspond seulement à des dépenses obligatoires : accords PPCR, prime Rep+, financement des AESH. Les 440 postes de professeurs ouverts dans le premier degré reposent sur la suppression des 440 postes dans le second. Ce budget sans ambition ne permettra pas d’assurer les mesures engagées qui devront se faire au détriment des autres classes et oppose de nouveau, premier et second degré, rural et urbain. Les opérations de carte scolaire s’annoncent déjà sous contraintes. A nouveau, ce cadre budgétaire ne permettra pas d’améliorer les conditions d’apprentissage des élèves et d’exercice des enseignant.es.


 Conditions de travail

Le suicide de Christine Renon et le contenu de sa lettre ont suscité une grande émotion dans la communauté éducative et posent de nombreuses questions sur les conditions de travail des directeurs et directrices d’école comme de l’ensemble des personnels des écoles.
Le contexte de prescriptions institutionnelles renforcées rend la réalité du métier de plus en plus synonyme de tensions et de perte de sens. Le pilotage des écoles au travers du vadémécum 100% de réussite, de la multiplication des guides, des évaluations nationales, du contenu imposé des formations... accélère la dégradation de l’exercice du métier enseignant.
Par ailleurs, les conséquences d’une inclusion réalisée sans les moyens adéquats sont trop souvent synonymes de souffrance chez les personnels comme chez les élèves. A cela s’ajoute l’arbitraire à venir dans la gestion des carrières qui aura un fort impact sur les vies personnelles et professionnelles des enseignant·es.
Le SNUipp-FSU agit pour que des réponses urgentes soient apportées pour un meilleur fonctionnement de l’école et garantir la santé, la sécurité et le bien-être au travail de l’ensemble des personnels. Il s’oppose à un « accompagnement » à visée normative qui nie la professionnalité des enseignant·es et soutient les équipes qui le subissent. Les mobilisations et notamment celles sur les retraites peuvent être des occasions de porter la question des conditions de travail.
Le SNUipp-FSU continue à promouvoir le chantier travail afin de former les militant.es pour qu’ils et elles aident les collègues à reprendre la main sur leur métier.


 Donner la parole à la profession

Avec la mise en ligne de son observatoire du métier enseignant, le SNUipp-FSU donne la parole à la profession sur les empêchements, les atteintes à la liberté pédagogique ou à la liberté d’expression, les difficultés, les réussites...
Parallèlement, il organise une consultation auprès de l’ensemble de la profession pour qu’elle puisse s’exprimer sur l’exercice du métier, le fonctionnement de l’école mais aussi sur les rémunérations.
Autant d’outils de consultation qui permettront au SNUipp-FSU de porter la voix des PE ignorée par l’institution, nourrir le débat public et faire connaître ses revendications.


 Direction et fonctionnement de l’école

Les mobilisations qui ont suivi l’acte de Christine Renon ont révélé une légitime colère face à des conditions de travail de plus en plus dégradées des directeurs et directrices d’école. Dans le prolongement des revendications qu’il porte depuis de nombreuses années, le SNUipp-FSU a rappelé au ministre la nécessité de mettre en œuvre 15 mesures immédiates pour la direction d’école. Il prend toute sa place dans les concertations qu’engage le ministère en rappelant la dimension collective du fonctionnement de l’école. Le SNUipp-FSU invite tous les personnels à s’exprimer aussi bien à travers le questionnaire que lors des réunions institutionnelles pour y porter la réalité de leur vécu. Mais il sera vigilant à ce que ni le questionnaire ministériel adressé aux 45 000 directeurs et directrices ni les réunions au niveau des circonscriptions ne soient des prétextes à différer des annonces concrètes pour améliorer la direction et le fonctionnement de l’école et à ouvrir la voie à un statut de directeur·trice auquel il est opposé. Le SNUipp-FSU dénonce l’absence de marges budgétaires pour répondre aux urgences et aux mesures sur le long terme. Il ne se satisfait pas des premières mesures annoncées et exige la hausse du temps de décharge et la création d’aides pérennes à la direction et au fonctionnement de l’école.

 
 
Formation

Le nouveau schéma directeur de la formation continue est un levier à utiliser dans les nouveaux « conseils académiques de formation » et les CTA pour exiger une formation fondée sur les demandes du terrain et s’opposer à une formation descendante qui se réduirait à l’application de consignes et de protocoles.


 Évaluations nationales CP/CE1

Malgré l’auto-satisfaction du ministre, les résultats des évaluations nationales ne sont pas satisfaisants : l’écart s’accentue entre les écoles en éducation prioritaire et hors éducation prioritaire, le taux de réussite en compréhension diminue en EP. Le SNUipp-FSU continue de demander l’abandon d’évaluations inutiles au travail quotidien des classes et dénonce leur instrumentalisation pour imposer des pratiques contestables. Pratiques qui ne permettent pas la réduction des inégalités. Le SNUipp-FSU continuera à s’exprimer publiquement sur ces évaluations et produira des argumentaires pour outiller les PE, en commençant par une enquête rapide auprès des enseignant.es.


 Éducation prioritaire

Le nouveau report de la refonte de la carte de l’éducation prioritaire laisse les écoles orphelines ou en attente de labellisation sans réponse. En parallèle, le rapport Azéma Mathiot dessine les contours d’une politique d’EP centrée uniquement sur les REP+. Il renvoie la gestion des REP et des écoles orphelines aux académies et met en concurrence l’urbain et le rural. Cette politique qui ne serait plus nationale, ouvrirait un peu plus la voie vers une territorialisation du système éducatif.
Le SNUipp-FSU s’adressera au ministère pour demander des critères nationaux objectifs et transparents qui partent des écoles et une labellisation nationale unique. Il informera la profession et construira un rapport de force pour s’opposer au démantèlement de l’EP.


 ISAE et DACS

Le SNUipp-FSU est engagé avec les collègues dans les procédures au tribunal administratif afin d’obtenir le versement de l’ISAE sur la période précédant la parution du décret du 27/09/2019qui les en exclut. Il engagera une nouvelle campagne auprès des collègues, sous forme de pétition pour demander de réouverture des négociations auprès du MEN.


 Néo

La future réforme de la formation initiale et du recrutement doit entrer en vigueur en septembre 2020. Or, beaucoup d’incertitudes demeurent : nature des épreuves et organisation des nouveaux concours de recrutement dès 2022, accès au concours 2021, modalités de stage en M2, formation post-concours, empêchant entre autres d’élaborer les nouvelles maquettes de Master MEEF et aux futur·es candidat·es actuellement en L3 de se projeter sereinement dans l’entrée au métier.
Le SNUipp avec la FSU dénonce cette réforme inacceptable et, dans l’urgence, exige un moratoire sur sa mise en place en mobilisant personnels et usager.es des INSPE autour d’une pétition fédérale.


 Accompagnant·es des élèves en situation de handicap

Malgré les promesses et les annonces, les AESH subissent une détérioration de leurs conditions d’emploi en cette rentrée : non renouvellements de contrats massifs, absence de contrat de travail, salaires non versés à la fin du mois de septembre, augmentation du nombre d’élèves à accompagner, extension des zones d’intervention, temps partiel imposés, généralisation de l’accompagnement mutualisé dans une logique comptable sans prise en compte des besoins réels des élèves… Les PIAL ont pour effet de dégrader davantage des conditions de travail déjà précarisées. L’ensemble des syndicats appelle à une nouvelle journée de mobilisation le 20 novembre. Le SNUipp-FSU réunira les personnels pour débattre des suites et revendiquer la création d’un véritable statut de la Fonction publique pour les AESH.


 30 ans de la CIDE

Le 20 novembre, le trentième anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant sera l’occasion de faire un bilan de l’état des droits des enfants dans notre pays. Le SNUipp-FSU prend toute sa place dans les collectifs auxquels il participe afin de dénoncer notamment les entraves à la scolarisation. Le SNUipp-FSU collabore à la rédaction d’un rapport alternatif à celui de l’État, qui pointera du doigt tous les manquements aux engagements, en particulier pour ce qui concerne la scolarisation des mineurs isolés ainsi que des enfants vivant en squats et dans les bidonvilles, l’aide sociale à l’enfance, la prévention et la prise en charge des plus jeunes en matière de santé, la lutte contre la pauvreté...


 Fin de nombreux observatoires

À la suite de l’Observatoire de la pauvreté, de l’Observatoire de la délinquance, de l’Observatoire des prisons, de l’Institut sur la sécurité et la justice, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, la « Miviludes » est menacée de disparition et devient un simple service du Ministère de l’intérieur. C’est toute la lutte contre les sectes qui est remise en question par ce choix gouvernemental. De plus, le conseil national de la protection de l’enfance serait ainsi voué à disparaître dès l’hiver 2020.
Le SNUipp-FSU dénonce ces mesures qui visent à masquer tous les indicateurs qui portent ombrage à la politique sociale du gouvernement.


 Retraité.es

C’est nombreuses et nombreux que les retraité·es ont répondu à la journée de manifestations organisée par les organisations syndicales et associatives de retraité.es rassemblées dans l’intersyndicale du « groupe des 9 » le 8 octobre dernier. Fortes de ce succès et face au mutisme du gouvernement, ces organisations organisent le 21 novembre prochain, un rassemblement de délégations départementales pour dénoncer le PLFSS, qui réduit encore de 4 milliards les ressources consacrées à la santé et la prise en charge de l’autonomie. Elles remettront également en cause le principe selon lequel les ressources consacrées au financement des retraites ne doivent pas dépasser 14% du PIB, organisant ainsi la paupérisation des retraité·es. Le SNUipp et la FSU sont pleinement investis dans cette journée.

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 |