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Texte action issu du Conseil National des 14 et 15 janvier 2020

dimanche 19 janvier 2020

Vos représentantes à ce CN : Emilie Oudin et Christine Bernery

 
Contexte


Face aux nombreuses crises, les citoyen·nes de tous les pays se mobilisent, s’impliquent dans des actions pour dénoncer la corruption, les inégalités, l’inactivité de leurs gouvernants pour prendre de véritables mesures climatiques, sociales et économiques nécessaires à plus de justice.
La crise climatique s’accroit encore avec les gigantesques incendies en Australie après ceux d’Amazonie, de Sibérie et d’Afrique centrale. C’est la conséquence visible et immédiate du dérèglement climatique résultant des politiques économiques, destructrices pour la planète, basées sur la seule recherche du profit. Les dirigeants de la planète, réunis lors de la COP 25, ne sont toujours pas prêts à mettre en œuvre des politiques publiques pour réduire le réchauffement climatique, et préserver la biodiversité. En France, lors de la Convention Climat, le président reste dans une posture de grand écart entre le discours et les actes.
L’escalade des tensions au Moyen Orient, où les Etats Unis ont une lourde responsabilité, porte en elle les risques d’une guerre. D’autant que les dirigeants des États Unis et de l’Iran sont peu regardants du droit international et des droits des populations.

En France, c’est la remise en cause de notre modèle de protection sociale qui rassemble les oppositions citoyennes. Notre système de retraite est attaqué dans la continuité des politiques d’austérité déjà mises en œuvre (loi travail, assurance chômage, hôpital public, loi de transformation de la fonction publique…)
L’opposition à cette réforme produit un mouvement massif de contestation des salarié·es et retraité·es installé dans la durée. Les nombreux incidents qui ont eu lieu lors des dernières manifestations témoignent de cette escalade de violences policières qui s’exercent régulièrement dans les manifestations où le nombre de blessé·es s’alourdit et où les arrestations arbitraires augmentent, où on entrave le droit à manifester.
L’absence de condamnation par le gouvernement et de poursuites pénales des actes commis par certain.es policier.es est inacceptable.
Le SNUipp avec la FSU exige que le gouvernement fasse cesser cette répression en faisant respecter les libertés de circuler, d’informer et de manifester. Une autre politique fondée sur la désescalade est nécessaire.
Le SNUIpp-FSU réaffirme l’entrave au droit de grève que représente le SMA. Il dénonce les utilisations illégales de la déclaration d’intention préalable faite par certaines directions académiques.
Face à une opposition déterminée, toujours largement soutenue par une majorité de la population, le gouvernement a retardé la mise en œuvre de ce système qui s’appliquerait aux générations 1975 et non plus 1963, a retiré provisoirement l’âge pivot pour les générations 1960-1965, a inscrit l’engagement de la revalorisation des enseignant·es dans le projet de loi.
Pour autant, il maintient un système basé uniquement sur les points acquis tout au long de la carrière et un âge d’équilibre fixé à 64 ans dès 2027.
Les différentes propositions du gouvernement réduiraient le montant des pensions en faisant travailler plus longtemps et constitueraient une voie tracée vers la capitalisation.

Dans ces conditions le SNUipp et la FSU poursuivent dans le cadre de l’intersyndicale les mobilisations pour le retrait du projet de loi.
 • Il soutient les reconductions là où elles sont décidées par les salarié·es.
 • Le SNUipp-FSU appelle à amplifier toutes les initiatives interprofessionnelles (grèves, manifestations, rassemblements, blocages, retraites aux flambeaux, occupations,…) et à poursuivre le travail d’information et de conviction afin de faire du 24 janvier, jour de présentation du projet de loi en conseil des ministres, une journée de grève et de mobilisation historique.
 • Il propose à la FSU de mettre en débat dans l’interpro dès maintenant des perspectives de mobilisations nationales fortes et massives à l’occasion de l’examen du projet de loi à l’Assemblée.

 Revalorisation salariale


L’action du SNUipp-FSU a mis en lumière le déclassement salarial des enseignant·es qui est incontestable aujourd’hui. Le travail des enseignant.es n’est pas reconnu à sa juste valeur. Le ministère n’y répond pas et ne propose qu’une compensation des pertes découlant de la réforme des retraites avec la volonté de redéfinir globalement les missions des enseignant·es. Cette compensation ne se monterait qu’à 500 millions pour l’année 2021, l’objectif de 10 milliards cumulés en 2037 restant un engagement insuffisant et sans aucune crédibilité. Elle engendrerait des inégalités liées à l’âge, des contreparties inacceptables, des reconnaissances arbitraires de certaines missions. Elle ne concernerait pas l’ensemble des personnels, ne garantirait pas le maintien du pouvoir d’achat par la prise en compte de l’inflation et prendrait notamment la forme de primes liées au « mérite ».
Le SNUipp, avec la FSU, refuse le couplage de cette compensation avec la réforme des retraites et revendique une revalorisation immédiate des grilles indiciaires et le dégel du point d’indice pour l’ensemble des personnels de manière équitable et sans condition. Le SNUIpp-FSU informera régulièrement les personnels et les consultera afin d’obtenir une véritable revalorisation pour toutes et tous.

 Loi de transformation de la Fonction Publique


Elle contourne le statut de la fonction publique, garant de la neutralité du service rendu et de l’égalité des droits des agent.es mais aussi des usager.es. 
Elle va surtout réduire les capacités des organisations syndicales à défendre collectivement les droits des personnels en termes de carrière et de santé et sécurité au travail par l’affaiblissement des CAP et la fusion des CHSCT dans les CT. Avec la mise en œuvre des LDG, les recteurs et rectrices prennent la main sur les opérations de mobilité et harmonisent, en toute opacité, les règles vers le bas.
Le SNUIpp-FSU continue d’alerter la profession. Il diffusera une publication sur les conséquences de la loi Dussopt qui rappellera aussi les liens entre les différentes réformes.

 Femmes


Le terrible décompte des féminicides s’est arrêté à 150 au 31 décembre 2019. Depuis le 1er janvier, au moins 4 femmes ont été tuées par leur (ex-) conjoint. Avec plus de 150 000 manifestant·es, la mobilisation du 23 novembre a été historique, et pourtant, le Grenelle des violences conjugales a débouché sur des mesures largement insuffisantes et sous-budgétées démontrant que la lutte contre toutes les violences et les discriminations que subissent les femmes ne constitue toujours pas une priorité pour ce gouvernement.
Par ailleurs, la réforme des retraites par points va impacter lourdement les femmes (droits familiaux, pensions de réversion, prise en compte de l’ensemble de la carrière, âge pivot et décote …) alors que le gouvernement la présente comme une avancée pour celles-ci.
Tout en dénonçant l’imposture du discours gouvernemental sur ce sujet, le SNUipp avec la FSU doit poursuivre son implication dans les cadres collectifs unitaires de lutte contre toutes les formes d’oppressions vécues par les femmes, et s’atteler à construire de manière unitaire et volontariste la grève féministe du 8 mars prochain.

 Évaluations nationales / Observatoire du métier


A la veille de la passation des évaluations de mi-CP sort un rapport de l’inspection générale établi à partir de 43 écoles triées sur le volet par les DASEN. Il en ressort néanmoins qu’un tiers de ces écoles ne sont pas convaincues par les évaluations. Ce rapport tente de répondre à nos principales critiques et émet des recommandations notamment en matière de pilotage. Il s’agirait, par exemple, de repenser l’enseignement à l’aune de ces évaluations de la Petite Section au CE2.

Le SNUipp-FSU réaffirme son opposition aux évaluations nationales standardisées, dénonce les pressions exercées et s’adresse de manière unitaire au ministre pour porter la réalité du terrain.
Le SNUipp-FSU soutiendra toutes les actions décidées par les collègues contre ces évaluations standardisées : non passation, non remontées, sélection des items, aménagement des modalités et des temps de passation, dépôt des livrets devant les DSDEN...
Il proposera au CDFN une expression commune sur la politique éducative et notamment son pilotage.
Le SNUipp-FSU relance l’Observatoire du métier, il appelle la profession à s’exprimer sur les évaluations, et sur tout autre sujet qui entrave ou renforce le métier.

 Agir pour l’Ecole & expérimentations pédagogiques


La FSU a obtenu que le décret sur les expérimentations donne des garanties aux équipes enseignantes pour ne pas subir des dispositifs portés par des officines privées comme Agir pour l’Ecole et imposés par la hiérarchie. Le SNUipp-FSU travaillera à obtenir dans les comités techniques la transparence sur les conventions de recherche signées par le Dasen et les bilans des expérimentations que doivent produire les recteurs. L’accord obligatoire des conseils d’école doit également permettre aux équipes de refuser de participer à des expérimentations ou d’en sortir. Le SNUipp-FSU met des outils à disposition des équipes pour lutter contre l’intrusion et le développement de telles officines, en particulier d’Agir pour l’Ecole dont le protocole, centré sur la répétition mécanique de compétences de bas niveau, porte atteinte à la professionnalité enseignante et nuit à l’accès à une culture commune par les élèves.
Le SNUipp-FSU continuera à dénoncer les expérimentations institutionnelles qui n’associent pas les personnels, nuisent à leurs conditions de travail et remettent en cause l’égalité entre tous les élèves.

 Carte scolaire


La dotation de 440 créations de postes pour la rentrée 2020 sera largement insuffisante pour répondre aux annonces ministérielles (dédoublement des GS en EP, limitation à 24 élèves de la GS en CE1) et aux besoins de l’école. Elle préfigure une carte scolaire catastrophique dans les départements. Cela va se traduire par de nouveaux reculs, notamment dans le rural et en maternelle. Le SNUipp-FSU demande un collectif budgétaire pour financer ces mesures. Le syndicat déposera une alerte sociale pour permettre de mobiliser localement et de porter l’exigence des moyens indispensables pour combattre les inégalités scolaires.

 Santé et conditions de travail


Le suicide de Christine Renon vient d’être reconnu comme accident imputable au service par la DSDEN, c’est-à-dire en lien avec l’organisation institutionnelle du travail. Le ministère doit aujourd’hui prendre ses responsabilités sur la dégradation des conditions de travail des personnels et sur les risques psychosociaux auxquels ils et elles sont exposé·es. Cela impose de questionner l’organisation du travail, et plus globalement le sens du métier. Le SNUipp-FSU fera de l’amélioration des conditions de travail un axe d’actions prioritaires auprès de la profession.

 Direction d’école


Les résultats de la consultation du ministère confirment ce que porte le SNUipp-FSU depuis de nombreuses années. Les directeurs et les directrices réaffirment sans ambiguïté leurs besoins en temps, en personnel, en formation et en revalorisation salariale. C’est l’animation du collectif de travail qu’ils et elles priorisent. Il n’y a pas lieu de rajouter de nouvelles missions plaçant la directrice en situation de supérieur hiérarchique fonctionnel. En effet, un statut spécifique de directeur·trice est à nouveau massivement rejeté. La feuille de route est tracée.
Le SNUipp-FSU exige la réalisation de toute urgence de ces mesures ambitieuses, conséquentes et nécessaires pour la direction et le fonctionnement de l’école.

 Canopé


Le ministère a choisi d’amputer le réseau Canopé de nombreuses missions dont l’édition papier pour ne maintenir qu’une mission de production de ressources numériques. Il prévoit en outre de démembrer partout sur le territoire le maillage de Canopé supprimant ainsi de nombreux postes. Le SNUipp, avec la FSU, est au côté des personnels dans leur lutte pour le maintien de Canopé et appelle à signer la pétition de soutien.

 Segpa


Fort de la victoire au TA de Paris obligeant le rectorat à payer l’ISAE à un collègue DACS, le SNUipp-FSU amplifiera la campagne de mobilisation et lancera une pétition.

 Hors de France


En France, le MENJ met en place une nouvelle certification : le CAPEFE (Certificat d’Aptitude à Participer à l’Enseignement Français de l’Etranger) et des masters fléchés “enseignement français à l’étranger” dans les universités, pouvant conditionner un départ à l’étranger à l’obtention de cette certification.
A l’étranger, des formations locales (voire des concours) sont proposées aux personnels non-titulaires de l’Education Nationale en partenariat avec les INSPE, les universités et les établissements français à l’étranger.
Le SNUipp-FSU s’oppose tant à ce profilage des postes qu’à cette précarité organisée. Il demande des créations de postes de détachés afin que, dans tout le réseau de l’Enseignement Français à l’Étranger, des enseignant.es titulaires exercent face aux élèves.

 Retraité·es


Les retraité·es du SNUipp-FSU, dans le cadre du groupe des neuf, poursuivent leurs actions afin d’obtenir la fin du gel des pensions et participent activement à la mobilisation sur les retraites.

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