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Groupe de travail - comité technique académique : La rectrice doit se reconnecter à la réalité !

jeudi 23 janvier 2020


Un Groupe de travail a eu lieu mardi 21 janvier au rectorat.
En même temps que la présentation des moyens « accordés » (mais en fait, moyens repris) à l’Académie, la secrétaire générale du rectorat a présenté les priorités retenues par la rectrice de Dijon pour l’année scolaire 2020-2021... Et là, on bascule dans une réalité parallèle !

L’académie doit rendre 26 postes dans le 1er degré (dont 2 de la Côte d’or).

La rectrice affirme les priorités suivantes :

1. Dédoublement GS en éducation prioritaire (EP).
Ce qui signifie que tous les REP et REP + sont concernés... En Côte d’Or, il y a le REP + de Chenôve, le REP des Grésilles à Dijon, le REP de Fontaine d’ouche à Dijon, le REP de Montbard. Rien que sur le REP + de Chenôve, le SNUipp-FSU 21 estime qu’il faut créer 6 postes pour les GS à 12... Si il y a aussi un dédoublement des GS en REP, il faudra certainement une vingtaine de postes supplémentaires...
Souvenons-nous que notre dotation départementale est de moins 2 postes !

2. Limitation des GS à 24 en dehors des REP
Quand on connait les effectifs moyens des écoles maternelles, cette mesure devrait nécessiter de nombreuses ouvertures de classes... sauf à « empiler » les élèves de PS et MS à plus de 30 par classe !
Souvenons-nous que notre dotation départementale est de moins 2 postes et qu’il faut dédoubler les GS en éducation prioritaire (voir priorité rectorale n°1) !

3. Amélioration du remplacement pour tendre vers 0 classe non remplacée !
Chaque année, ce sont plusieurs milliers de demi-journées d’absences qui sont non-remplacées, faute de moyens. Ce qui correspond à peu près à 14 ou 15 classes qui n’auraient aucun enseignant-e pendant toute l’année scolaire ! On part donc de loin ! A part une interdiction absolue d’être en congé maladie (pas de projet de réforme déclaré <img alt=« = »« title= »;-)« class= »no_image_filtrer format_png« src= »http://21.snuipp.fr/plugins/auto/co...; width= »19« height= »19">), il faudrait donc créer des postes de remplaçant-es pour tendre vers cet objectif ...
Souvenons-nous que notre dotation départementale est de moins 2 postes, qu’il faut dédoubler les GS en éducation prioritaire (voir priorité rectorale n°1) et qu’il faut limiter les effectifs de GS à 24 en dehors de l’EP (voir priorité rectorale n°2) !

4. Mesures pour améliorer l’acquisition de compétences : Référents plan maths et langues
Notre ministre, jamais avare de bonnes idées du type « YAKA... FOKON », place l’apprentissage des langues (dès la maternelle) et la « refondation » de l’enseignement des mathématiques en objectifs prioritaires.
Les enseignant-es ont besoin de formation continue, des « experts » doivent porter la bonne parole pédagogique ! Il y a déjà eu des créations de postes de référents de mathématiques, il faudrait les développer ? Y ajouter des référents en langues vivantes ? A part un plan de formation continue exclusivement centré sur les vacances scolaires, ces formations et accompagnement demanderaient des moyens supplémentaires (remplaçant-es et référent-es).
Souvenons-nous que notre dotation départementale est de moins 2 postes, qu’il faut dédoubler les GS en éducation prioritaire (voir priorité rectorale n°1), qu’il faut limiter les effectifs de GS à 24 en dehors de l’EP (voir priorité rectorale n°2) et qu’il faut créer des postes de TR pour améliorer le taux de remplacement (voir priorité rectorale n°3) !

5. École inclusive : déploiement et accompagnement des PIAL + créations ULIS et plan autisme
Blanquer l’a dit : « Le handicap est une des grandes causes du quinquennat. La réalisation d’une École pleinement inclusive est à ce titre une priorité ».
Les PIAL (pôles inclusifs d’accompagnement localisés) sont une nouvelle forme d’organisation, mis en œuvre cette année. Ils ont pour but de favoriser la coordination des ressources au plus près des élèves en situation de handicap (les aides humaines, pédagogiques, éducatives, et, à terme, thérapeutiques) pour une meilleure prise en compte de leurs besoins. C’est le texte officiel qui le dit !
Notre département compte 2 PIAL 1er degré. Ce sont des directeurs-trices qui sont à la tête d’un PIAL et qui, en plus de leurs missions liées à la direction, doivent assumer la gestion des AESH de leur secteur... Ce qui demande du temps, et donc nécessité d’une décharge supplémentaire (bien insuffisante actuellement !). Si les PIAL se multiplient, les temps de décharges supplémentaires aussi... et donc des personnels en plus pour assurer ces temps de décharge.
Les créations d’ULIS nécessitent des personnels (formés, de surcroit) et le plan autisme passera certainement par la création de postes de « référent-es », voire d’ouverture de classes dédiées à la prise en charge de ces élèves...
Souvenons-nous que notre dotation départementale est de moins 2 postes, qu’il faut dédoubler les GS en éducation prioritaire (voir priorité rectorale n°1), qu’il faut limiter les effectifs de GS à 24 en dehors de l’EP (voir priorité rectorale n°2), qu’il faut créer des postes de TR pour améliorer le taux de remplacement (voir priorité rectorale n°3) et qu’il faut créer des moyens supplémentaires pour les référent-es maths et les référent-es langues (voir priorité rectorale n°4) !

6. Prise en compte de la diversité du territoire : ruralité, absence de fermeture d’école.
Cette fois-ci, c’est E. Macron qui l’a dit : « Jusqu’en 2022, il n’y aura plus d’écoles qui fermeront contre l’avis des maires ».
Dans notre département, il ne reste que très peu d’écoles qui n’ont qu’une classe. Avec cette promesse, même si leurs effectifs devaient baisser fortement, il n’y aura pas de fermeture si le-la maire s’y oppose. Nous nuançons l’annonce... ça n’interdit pas des fermetures de classes dans le cas des RPI, malheureusement ! Cette mesure oblige ainsi notre administration à laisser des moyens là où des effectifs très faibles permettaient jusqu’à présent de les retirer.
Souvenons-nous que notre dotation départementale est de moins 2 postes, qu’il faut dédoubler les GS en éducation prioritaire (voir priorité rectorale n°1), qu’il faut limiter les effectifs de GS à 24 en dehors de l’EP (voir priorité rectorale n°2), qu’il faut créer des postes de TR pour améliorer le taux de remplacement (voir priorité rectorale n°3), qu’il faut créer des moyens supplémentaires pour les référent-es maths et les référent-es langues (voir priorité rectorale n°4) et qu’il faut développer des moyens spécifiques pour l’école inclusive (voir priorité rectorale n°5) !

Alors, sérieusement, comment la rectrice a-t-elle pu imaginer la mise en œuvre de ces 6 priorités avec un solde négatif de 26 postes du 1er degré dans notre académie ?
Elle s’appuie sur l’annonce d’une baisse démographique importante en Bourgogne.
Mais concrètement, ça va être très difficile. Pour la Côte d’Or, la baisse démographique est estimée à - 400 élèves. Il y a plus de 500 écoles dans notre département, cette baisse représente donc moins d’un élève par école en moyenne... Difficile de fermer des classes dans ces conditions...
Les DASEN vont devoir faire preuve d’inventivité ! A moins qu’ils-elles aient reçu un kit du « petit magicien » à Noël !!!

Pour le SNUipp-FSU 21, ces annonces du rectorat de Dijon correspondent aux discours officiels du gouvernement : les projets fleurissent... mais pas les moyens !
Les enseignant-es ne sont pas dupes, il s’agit bien d’envisager une nouvelle dégradation des conditions d’accueil des élèves et des conditions de travail des PE pour mettre en œuvre de telles mesures.
Ces effets d’annonces qui ne sont suivis d’aucun effet sont devenus insupportables* !
Le SNUipp-FSU 21 restera vigilant et s’opposera aux nombreuses fermetures de classes que notre Dasen devrait proposer !

* Pour exemple, le ministre Blanquer avait annoncé une journée de décharge supplémentaire en novembre-décembre pour pallier la surcharge de travail constatée chez tous les directeurs-trices (suite au suicide de notre collègue à Pantin). Après l’annonce, Blanquer a rangé son dossier... A charge aux DASEN de mettre en œuvre ces décharges supplémentaires avec le vent du ministère ! Et concrètement, dans le 21, aucune journée supplémentaire n’a encore été donnée aux collègues en charge d’une direction... Ca sera mis en place en mars pour seulement 80 écoles. Pour les 440 autres écoles, une aide à la direction a été apportée début septembre lorsque les remplaçant-es et les PE en surnombre étaient disponibles... Alors ça fera l’affaire, non ?!!!

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