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Déclaration préalable de la FSU 21 au CTSD du 03/11/2015

mardi 3 novembre 2015

Madame la Directrice académique,

Pour commencer, nous tenons à vous faire part pour la énienne fois de notre mécontentement quant à la réception des documents et des convocations relatifs aux réunions institutionnelles. Vous nous avez informé-es de la tenue de ce CT le vendredi des vacances. Nous n’avons pu en prendre connaissance qu’après la sortie des classes.
Comment prévenir nos IEN, les secrétaires de circonscription, les familles, nos élèves ?! Pour les organisations syndicales, comment respecter le délai imposé pour l’envoi des questions diverses ? En agissant ainsi, vous nous obligez à amputer nos congés.

 Dans le Premier degré

Une nouvelle fois, les conditions d’enseignement et d’apprentissage se dégradent en ce début d’année scolaire. Dans beaucoup d’écoles, les effectifs chargés ne permettent pas une prise en compte adaptée des besoins des élèves les plus fragiles. C’est notamment le cas en éducation prioritaire.

La réorganisation des RASED n’arrange rien. Si certains secteurs qui n’étaient pas couverts auparavant peuvent maintenant bénéficier de l’intervention d’un RASED d’autres secteurs ont été « déshabillés ». Ce n’est pas acceptable. Chaque élève qui en a besoin, où qu’il se trouve sur le territoire, doit pouvoir bénéficier de l’intervention d’un maître E, d’un maître G ou d’un psychologue scolaire. Cela s’appelle l’égalité. Nous continuons à demander des départs en formation pour toutes ces options ainsi que les créations de postes nécessaires.

En outre, les déplacements des RASED d’une commune à une autre continuent à poser de sérieux problèmes matériels. Des psychologues et des maîtres E, par exemple, ne disposent pas du matériel nécessaire pour exercer leur métier, faute de budget. Or les futurs budgets ne seront votés par les municipalités qu’en mars prochain.

Cette nouvelle organisation a aussi modifié l’étendue géographique de la zone d’intervention de certains personnels RASED. Or, les enveloppes allouées aux frais de déplacement des personnels RASED ne sont pas à la hauteur. Certains personnels qui doivent se déplacer quotidiennement dans un rayon de 20 ou 30 km autour de leur lieu de rattachement n’ont que 80 euros pour quatre mois ! Nous ne pouvons accepter une telle situation et demandons des enveloppes dignes de ce nom !. Nous réitérons notre demande d’accès à la liste des écoles considérées comme prioritaires et qui a présidé au redéploiement des RASED, liste non connue d’ailleurs par les Inspecteurs-trices chargé du pilotage des RASED !

Le redécoupage des circonscriptions a aussi contribué à semer la zizanie auprès des collègues, et ce dès la rentrée. Lors d’une audience où vous aviez reçu la FSU, le maire de Selongey, ainsi que des parents d’élèves du secteur de Selongey, vous nous aviez promis que cette réorganisation n’aurait aucune incidence sur les personnels. Or, dès la rentrée, certain-es directeur-trices ont dû faire plus de 180 km pour se rendre à la réunion de rentrée, sans aucun défraiement. Nous demandons que ce qui a été dit lors de l’audience soit respecté et que l’IEN de circonscription se déplace auprès des collègues pour leur éviter de tels trajets, même si cela nécessite qu’il fasse plusieurs fois la même réunion sur la circonscription. Ce n’est certainement pas aux collègues de payer le prix des décisions aberrantes prises par notre administration. Nous demandons à ce que l’administration nous communique le plus rapidement possible les lieux d’organisation des animations pédagogiques de manière à ce que nous puissions vérifier que les engagements pris lors de l’audience soient respectés.
Nos salaires, gelés depuis 5 ans, ne nous permettent pas de nous déplacer bénévolement.
De même, de quels défraiements pourront bénéficier les collègues qui se rendent aux conseils écoles-collège ?

Concernant la direction d’école, nous nous sommes adressés à Madame La Ministre pour l’informer des difficultés rencontrées par les directeurs-trices des petites écoles pour faire valoir leur nouveau droit à décharge. Les DASEN doivent respecter le cadre réglementaire. Nous serons particulièrement vigilants sur cette question. De même, nous constatons que les protocoles de simplification des tâches promis tardent à se mettre en œuvre dans trop de départements. Sur cette question également, il est inacceptable que l’engagement ministériel ne soit pas tenu sur notre département.
Nous attendons toujours la convocation pour une seconde réunion depuis décembre 2014, ainsi qu’un retour sur les propositions envoyées par le SNUipp-FSU21. Il doit être effectif pour tous les directeurs-trices, nous y veillerons. Dans le cas contraire, nous appellerons les directeurs-trices à effectuer leur propre simplification.

D’une manière plus générale, il est temps que les conditions d’exercice du métier de professeur des écoles s’améliorent, que la confiance soit instaurée et que l’engagement professionnel des enseignant-es soit pleinement reconnu. C’est pourquoi nous demandons à la ministre d’ouvrir des discussions qui doivent aussi porter sur nos obligations de service inadaptées à la réalité du métier aujourd’hui, avec comme première étape la fin des APC.
Au sujet des APC, de nombreux collègues du département ont décidé de suivre notre consigne et d’utiliser ce temps comme bon leur semble, avec ou sans les élèves. Aucun bilan n’a été tiré de ce dispositif. Pour le SNUipp-FSU, c’est de temps de travail en équipe dont les enseignant-es ont besoin.

 Concernant le second degré,

nous voulons ici faire part de notre immense colère, qui est aussi celle de la majorité de nos collègues, face à la « réforme » du collège que la ministre de l’Education Nationale entend appliquer en dépit de l’opposition de la quasi-totalité de la profession et des associations de spécialistes. Malgré trois journées de grève et une manifestation nationale, elle est restée sourde à toutes nos revendications et demandes d’ouverture de discussions sur d’autres bases. Pire, ce qui restait de notre formation continue est réduit à portion congrue afin de concentrer les moyens pour nous « formater » en vue de l’application de cette « réforme » que nous rejetons. Et comme si cela ne suffisait pas, les nouveaux projets concernant l’évaluation des élèves et le DNB viennent consacrer un enseignement qui n’a plus grand-chose à voir avec la transmission de connaissances disciplinaires solides mais tout à voir avec leur déstructuration et la mise en place de l’école du socle, que nous récusons.

Sachez-le, Madame l’Inspectrice d’Académie, le SNES-FSU, comme l’intersyndicale du second degré et l’immense majorité des personnels, est attaché à un enseignement disciplinaire, dispensé selon des programmes et horaires nationaux annuels inscrits dans un cadre national ; il fera tout pour que cette « réforme » synonyme d’appauvrissement culturel et d’inégalités accrues entre les territoires ne s’applique pas à la rentrée 2016.

Concernant la situation dans les collèges du département à cette rentrée, qu’en dire sinon qu’elle est pire que l’an dernier ? Comment pourrait-il d’ailleurs en être autrement avec 29 ETP en moins ?

En novembre 2014 déjà, nous soulignions la situation respective de l’enseignement public qui perdait des élèves alors que le privé en gagnait. Cette année, les établissements publics perdent 155 élèves mais ceux du privé en gagnent 101, soit près du double de l’augmentation qu’ils avaient connue en 2014 ! De tels chiffres parlent d’eux-mêmes. Nous ne posons plus la question de savoir comment on en est arrivé là, nous y répondons : c’est le résultat de la dégradation continue des conditions d’enseignement dans les établissements publics.

D’ailleurs, nous constatons qu’à chaque fois que vous avez tenu compte de l’augmentation des effectifs lors des ajustements de juin, la dotation supplémentaire accordée est toujours inférieure à ce qui serait nécessaire pour ouvrir une classe en plus. Pouvez-vous nous dire, Madame l’Inspectrice d’Académie, combien de classes des collèges publics sont à 30 élèves ou plus cette année ?

Dans ce contexte, nous avons les pires craintes pour la rentrée prochaine, si la « réforme » prévue venait à s’appliquer malgré notre opposition : combien de parents supplémentaires trouveraient alors refuge dans le privé afin de protéger autant que faire se peut leurs enfants du chaos prévisible ?

La situation empire d’année en année pour les élèves, c’est aussi le cas pour les enseignants : nous observons que les « heures trajet » distribuées sont en augmentation, ce qui signifie que davantage de collègues sont en service partagé.

Pour conclure, nous entendons nous faire les porte-parole de nos collègues : ils ne veulent pas de la « réforme » du collège prévue par le gouvernement, ils en ont assez qu’on leur rebatte les oreilles avec un prétendu « dialogue social » alors qu’on ne les écoute pas, assez d’être méprisés, assez de voir leurs conditions de travail se dégrader et en prime leur salaire net baisser et que dire de la formation concernant la réforme faite par les enseignants eux- mêmes à leurs pairs et aussi sur le temps des vacances ? Pendant combien de temps encore les enseignants seront-ils sacrifiés sur l’autel des réformes à bas coût et du manque de moyens ? Il serait temps que le ministère prenne la pleine mesure de leur mécontentement et réponde enfin à leurs revendications.

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