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Déclaration préalable du SNUipp-FSU21 à la CAPD du 15 octobre 2013

samedi 19 octobre 2013


Madame la Directrice académique,

Après un mois et demi de classe, le constat de rentrée que peuvent faire les collègues est loin d’être un satisfecit.
En ce qui concerne les nouveaux rythmes scolaires, les écoles et donc les collègues qui travaillent maintenant à 4,5 jours commencent à dresser un premier bilan : dysfonctionnements dans l’organisation du périscolaire, fatigue des élèves et des enseignants, gestion difficile des élèves lors de la sortie des classes pour rejoindre les TAP… Ces inconvénients viennent gommer les quelques points positifs qui pourraient se dessiner. Les enseignants sont déjà très fatigués et leurs conditions de travail se sont encore dégradées avec un temps de concertation augmenté et difficile à organiser, des animations pédagogiques le soir ou le mercredi après-midi. Tous sont unanimes pour dire qu’ils ne savent pas combien de temps ils tiendront.
Quant à ceux qui ne sont pas encore entrés dans la réforme, et en particulier les directeurs, le temps de réunion consacré à sa future mise en place dans un temps contraint alourdit les semaines de travail.
Pour tous, vient s’ajouter la consultation sur les programmes à prendre sur du temps de concertation : le SNUipp-FSU avait demandé au ministre au moins une demi-journée banalisée dans cette période surchargée, une fois de plus nous n’avons pas été écoutés.

Le temps de travail des enseignants n’est pas extensible à l’infini : aussi, nous plaidons pour un allègement des sollicitations administratives multiples qui tournent parfois au contrôle tatillon comme c’est le cas pour les 108 heures. Il n’est pas possible que les enseignants passent plus de temps à rendre des comptes qu’à agir pour la réussite de leurs élèves.
Pourtant, nous pensions que l’appel à la confiance mutuelle lancé par le ministre de l’Education nationale aurait pu permettre de revenir sur certains fonctionnements particulièrement chronophages. 

Du côté des salaires, pour une énième année, le point d’indice est bloqué. Ni l’augmentation du ratio d’accès à la hors-classe ni l’indemnité de suivi et d’accompagnement des élèves ne suffisent à répondre aux attentes de tous les enseignants en matière de rémunération.
Concernant l’ISAE, tous les personnels doivent être concernés : c’est la demande formulée au ministre par le SNUipp-FSU.

Du côté des conditions de travail, plusieurs collègues ont dû attendre quelques semaines avant de savoir qui assurerait leur complément de temps partiel ou leur décharge de direction, à charge pour eux de préparer le travail. De plus, les remplaçant-e-s, en raison de leur affectation sur les supports vacants, font déjà cruellement défaut en particulier dans certaines circonscriptions. Cette situation va être difficilement supportable sur l’ensemble de l’année scolaire.

Le syndicat des inspecteurs SNPI manifeste son hostilité face à la mise en œuvre des rythmes entre autres sujets et sera reçu aujourd’hui au Ministère.

Du côté de la formation continue, on ne peut que déplorer le peu d’offre. Cette année, encore plus que les précédentes, les propositions de formation sont réduites à peau de chagrin. C’est d’ailleurs ce qu’indiquent les inspecteurs généraux qui estiment dans un rapport publié cet été qu’ « elle est plutôt insatisfaisante et rare ».
Pourtant, le ministre affirmait dans un entretien à la presse début septembre que « la formation continue est indispensable » ! Certes il ajoutait que pour les deux années à venir la situation serait encore tendue…
Le SNUipp-FSU revendique une formation qui permette à chaque enseignant une réflexivité sur sa pratique, une actualisation de ses connaissances, l’acquisition de nouvelles compétences. Le droit à la formation continue doit être effectif, ce qui suppose d’y consacrer les moyens nécessaires mais aussi de la rendre accessible à tous les enseignants quels que soient leur mission et leur lieu d’exercice.
Une enquête de l’OCDE note d’ailleurs « que les réformes, quand elles touchent à la formation professionnelle, sont parmi les plus efficaces pour la réussite des élèves ».

Concernant les étudiants en deuxième année de Master, contrairement aux recommandations ministérielles, des étudiants en M2 ont été placés, pour leur stage filé, sur des écoles relevant de l’éducation prioritaire et sur des niveaux de classe difficiles. D’autres ont été envoyés à plusieurs dizaines de kilomètres de leur lieu de formation alors même que plusieurs semaines après la rentrée, des directeurs d’écoles du Grand Dijon de 4 classes ou plus n’étaient toujours pas déchargés. N’est-ce pas prendre le risque de décourager les personnes souhaitant entrer dans le métier ?
De même, les M2 sont inquiets quant à leur premier stage massé. Quand seront-ils prévenus de leur affectation ? Auront-ils le temps de prendre contact avec l’enseignant de la classe de manière à préparer au mieux le remplacement ? Seront-ils tous remplacés sur leur stage filé pendant le stage massé ? Le SNUipp-FSU rappelle qu’il s’oppose à ce que des étudiants soient utilisés comme moyens de remplacement.

La journée du 15 octobre est également une journée de contestation et de refus concernant la réforme des retraites du gouvernement Ayrault. Un allongement de la durée de cotisation induirait la baisse des pensions. Comment imaginer un départ à 67 ans pour bénéficier d’une retraite à taux plein.
La FSU défend le droit à la retraite à 60 ans avec un taux de remplacement de 75 % et la supression de la décote / surcote ainsi qu’une indexation des pensions sur les salaires. La FSU sera en rassemblement aujourd’hui à 17 heures devant le Medef de Côte d’Or pour manifester son refus de subir encore plus une réforme inéquitable et injuste.

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