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Déclaration préalable de la FSU21 au CDEN du 13 juin 2016

lundi 13 juin 2016

Madame la Directrice académique, 


A la veille de la grande manifestation nationale, la lutte et les mobilisations contre le projet de loi travail s’amplifient et s’enracinent durablement pour le retrait du projet de loi et l’obtention de nouveaux droits.
La détermination des salarié-es, jeunes, privé-es d’emploi et retraité-es est sans faille, comme le démontrent le nombre de manifestant-es et le nombre d’initiatives dans les entreprises, les sites industriels, les zones commerciales.
La violence des propos tenus par le gouvernement, le mépris à l’égard du mouvement social et son entêtement à ne pas retirer le projet de loi renforcent cette détermination.
Les organisations réaffirment les termes de leur courrier commun envoyé le 20 mai au Président Hollande dans lequel elles demandaient à être reçues. Alors que celui-ci dit faire du dialogue social,dont l’inefficacité est constatée, sa méthode de gouvernement, les organisations attendent toujours la réponse à leur courrier ce qui est un déni manifeste de dialogue.
La mobilisation des salarié-es, jeunes et privé-es d’emploi est aujourd’hui majoritaire, l’opinion publique reste massivement défavorable au texte de loi et l’unité des organisations syndicales engagées, représentant du front large et résolu, reste intacte.
Des milliers de nouveaux salarié-es d’entreprises des plus petites au plus grandes, de tous secteurs professionnels sont entrés dans la mobilisation , les manifestations, les grèves et les luttes . De nombreux secteurs professionnels restent engagés, souvent dans un mouvement de grève reconductible, comme dans l’énergie (les raffineries, les centrales nucléaires), les transports (les cheminots, la RATP,les ports), etc.
Le gouvernement a décidé d’opter pour un passage en force avec le 49-3 mais le vrai peuple de gauche n’entend pas se soumettre de façon légitime à ce passage en force .
Les organisations appellent à poursuivre et amplifier ce mouvement d’ampleur et de contestation légitime :
· En multipliant et en soutenant les actions décidées par les salarié-es en assemblées générales, y compris reconductibles.
· En travaillant à des temps forts de convergence de luttes interprofessionnelles par la grève et les manifestations dans les prochains jours, sur tout le territoire et dans les professions.
Chaque jour doit être un nouvel élan dans ce combat.
· En déployant dès le début de la semaine prochaine la votation citoyenne décidée en intersyndicale dans les entreprises, les administrations et les lieux d’études.
Cette votation sera remise au président de la République lors d’un nouveau temps fort dans la deuxième quinzaine de juin.
· En créant les conditions de la réussite d’une puissante manifestation nationale le 14 juin à Paris,
Elles se retrouveront de nouveau pour assurer l’organisation et la réussite des mobilisations et initiatives.

Le ministère de l’Éducation nationale a rendu public un projet de mise en œuvre du protocole PPCR pour les personnels d’enseignement. La présentation générale programmée le 1er juin sera suivie de la mise en place de groupes de travail pour étudier la transposition aux corps d’éducation et d’orientation de ces dispositions ainsi que l’évolution de l’évaluation des enseignant-e-s.
Le projet propose pour tous et toutes la mise en place progressive d’une nouvelle carrière fondée sur un avancement à un rythme unique pour tous avec deux moments d’accélération et la création d’une classe exceptionnelle au-delà de la hors classe actuelle. Cette refonte de la carrière s’accompagne d’une nouvelle grille indiciaire et d’un transfert d’une part des indemnités dans le traitement indiciaire.
Pour la FSU qui a fortement œuvré dans le cadre des négociations sur les parcours professionnels rémunérations carrières pour faire avancer le besoin d’une revalorisation pour tou-te-s, et qui a souligné la faiblesse des rémunérations des enseignant-e-s au regard des autres pays de l’OCDE, ces projets montrent un début de prise en compte de ses préoccupations. Globalement, même si tout n’est pas parfait, c’est une amélioration pour la carrière des enseignant-e-s. Qu’il est regrettable que cette démarche ne fut initiée en 2012.
La combinaison des différents éléments – nouveaux indices, reclassement, nouveau débouché de carrière- produira une augmentation du traitement pour tou-te-s mais avec une mise en œuvre étalée dans le temps jusqu’en 2020. La FSU avait demandé un calendrier de mise en œuvre qui réponde mieux à l’urgence de la revalorisation.
Cependant de nombreux problèmes demeurent : les personnels en début de carrière voient leur progression ralentie alors que l’on sait le manque d’attractivité de nos métiers et les charges qui pèsent sur les personnels entrant dans le métier, les volumes et modalités d’accès à la classe exceptionnelle risquent de ne concerner qu’une petite minorité de personnels. Lors des discussions qui vont s’ouvrir, la FSU et ses syndicats porteront l’exigence d’une meilleure revalorisation des futurs recruté-e-s, des garanties sur le parcours de tou-te-s sur au moins deux grades dans le cadre d’une carrière plus linéaire et plus rapide et d’une troisième classe accessible à tou-te-s.
La FSU restera particulièrement vigilante sur la question de l’évaluation. Si le projet prévoit la déconnexion partielle de l’évaluation et de la carrière du fait du rythme unique pour la majorité des échelons, la FSU rappelle sa demande d’une évaluation totalement déconnectée de la carrière pour la recentrer vers le conseil et l’accompagnement conformément à ce que souhaitent les personnels et le développement de la formation continue. Ces projets qui prévoient des mesures après les élections présidentielles de 2017 ne présentent aucune garantie quant à leur mise en place et nous savons que toute modification est possible avec une orientation différente ou une philosophie totalement opposée. La méfiance est de mise en ces temps de périodes préélectorales qui permettent à tant de projets de voir le jour.

Concernant le sujet qui nous préoccupe plus particulièrement aujourd’hui, à savoir les rythmes scolaires et les horaires des écoles, nous ne pouvons que regretter que toutes les modifications, tous les changements, tous les ajustements d’horaires qui nous ont été présentés en CTSD sont justifiés par des problèmes de transport scolaire, d’organisation des NAP, de cantine ou encore de gestion des personnels périscolaires. Les élèves et les enseignants sont les grands absents des motivations qui poussent à modifier les horaires. Preuve, une fois de plus, que cette réforme mène à une territorialisation non souhaitée et non souhaitable de l’école publique.

Même si la carte scolaire n’est pas à l’ordre du jour de ce CDEN, nous aimerions avoir des explications sur les courriers envoyés aux écoles pour favoriser la scolarisation des moins de 3 ans. Quels ont été les critères pour sélectionner ces écoles ? Peut-on avoir la liste des ces écoles ? Selon les remontées des collègues, aucune concertation n’a précédé cet envoi et les collègues sont encore une fois mis-es devant le fait accompli !

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