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Spécial curieux dernier bulletin de juin !

lundi 3 juillet 2017

Pour les curieux qui souhaitent lire la tribune libre de Patrick Foltier, notre jeune retraité dans quelques jours... Il relate les impressions de sa première CAPD, en 2006...

Numéro 536 de mars 2006

article paru en tribune libre

Première CAPD : impressions. Par Patrick Foltier


Ça y est : nous y voilà ! Nous avons été élus et maintenant nous pouvons siéger pour défendre les intérêts de nos collègues devant les représentants de l’administration.
Mais ça commence mal : je suis fiévreux (les petits enfants ne nous apportent pas que joie et satisfaction mais aussi une dose de microbes et virus en tous genres) alors j’ai avalé une bonne ration de remèdes. Je ne voulais pas manquer cette rencontre, trop curieux de découvrir les procédures de cette commission qui contribue au fonctionnement de nos écoles.

Première surprise, les titulaires sont alignés juste en face de l’Inspecteur d’Académie, des inspecteurs et des personnels de l’IA.Trois mètres séparent les deux forces en présence chacun dans son camp : les choses sont claires.
On se croirait revenu au combat d’antan ou les belligérants se faisaient face dans un champ à découvert, chacun attendant que l’autre tire sa salve avant de soi-même riposter.
Les suppléants sont relégués sur le côté, observent et notent les points.

Nous faisons remarquer cette disposition maladroite à l’IA qui admet que cette organisation n’est peut être pas la plus propice à un échange optimum des membres de l’assemblée.
Chaque syndicat fait ensuite une déclaration pour rappeler ses bonnes intentions, ses principes ainsi que ses regrets et ses désaccords devant la façon dont le gouvernement nous maltraite.

Nous évoquons le cas d’un lycéen d’origine étrangère qui a été arrêté pour être expulsé sans pouvoir finir son cycle d’enseignement en France.
La patrie des droits de l’Homme a de curieuses et inquiétantes pratiques pour satisfaire un électorat radical !

La réunion se poursuit et je suis frappé de la civilité de ce nouvel IA qui nomme les représentants à chaque fois avec des Monsieur untel ou Madame untel et qui prend force précaution avec la préséance. Cette attention est plutôt louable.
Cela me rappelle ces hommes politiques et ces commentateurs dans les débats qui se forcent à nommer chacun pour créer l’illusion de bien le connaître et de le mettre en confiance

Dans cette ambiance de travail nous déroulons les points de l’ordre du jour.
Nous bataillons ferme pour obtenir des avancées sur des points particuliers de priorité de certains personnels.
Nos arguments sont valables et nous espérons les voir inscrits lors du prochain mouvement. Nous sommes sur le point de remporter cette mise lorsque la mouche du coche se réveille. Un membre assis du côté des représentants du personnel prend fait et cause pour l’administration. Il ne fait pas partie de notre délégation mais du SE. La pièce n’est pourtant pas surchauffée, la climatisation ne fonctionne pas : il n’y en a pas ! Quel est cet étrange phénomène ? Peut être que de s’entendre appelé par son nom lui a brouillé les idées ! Peut-être lui aussi est il fiévreux ! Je devrais lui donner quelque médecine.

Sans expérience aucune de ce type de rencontre paritaire, le bon sens me fait tout de même dire qu’une unité syndicale s’impose dans ce type de confrontation. Monsieur B l’a sans doute oublié ou alors veut il se démarquer auprès de l’IA ?
Les médicaments commencent à ne plus faire effet : la fièvre doit modifier ma perception des choses.

Nous poursuivons et intercédons pour une collègue afin qu’elle puisse retrouver un ancien poste perdu lors d’une fermeture de classe. Là encore la mouche change de monture et se range du côté adverse. Deux fois, ce n’est pas un hasard mais une démarche. Il va peut être falloir que je m’habitue à cette stratégie originale.

J’en suis à ce point de mes réflexions lorsque je me retrouve en face de l’IA. Je prends la place de Dominique qui doit s’absenter pour rejoindre la réunion de son conseil d’école. Je remplace un titulaire et je peux m’exprimer si je le veux. Dommage que je sois aphone : m’entendre risque de faire peur à tout le monde. Ce sera pour la prochaine fois.

Dans un nuage, je termine la réunion. Finalement, j’ai eu plus de surprises de ceux dont j’en attendais le moins. C’était très instructif, je sais maintenant sur qui nous ne pouvons compter. Un bon enseignement pour la prochaine fois.

Du côté de l’administration nos requêtes ont été notées et nous avons réussi à changer quelques mots dans des textes officiels. Je comprends maintenant que c’est un combat de chaque instant et qu’il faudra batailler pour changer le fait établi. Courage Courage.

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