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Déclaration préalable CTSD du 26 novembre 2013

mardi 3 décembre 2013

Déclaration préalable

Nous tenons à exprimer notre étonnement devant la date tardive de ce CTSD bilan de rentrée. Arriver quasiment au mois de décembre, pour tenir cette réunion alors qu’on demande déjà dans les écoles les projections d’effectifs pour l’an prochain est quelque peu ubuesque.
Cette année est une année difficile pour nombre de collègues et la colère gronde.

Réforme de rythmes
Les enseignants attendaient la refondation de l’école, on leur a imposé dans la précipitation une réforme des rythmes mal pensée. Et c’est bien pour cela que seulement 11 communes ont décidé de l’appliquer dès cette rentrée. Celle-ci s’est mise en place dans une confusion totale. Un certain nombre de collègues aujourd’hui est épuisé. D’un côté, les enseignants qui connaissent les joies du passage à 4 jours et demi avec son cortège de dysfonctionnements. De l’autre, ceux qui doivent réfléchir et essayer d’élaborer des projets cohérents avec moultes réunions. La coupe est pleine.
Il est urgent de prendre le temps de s’asseoir autour d’une table et de mettre à plat une réforme qui provoque tant de gênes et qui neutralise toutes les autres composantes pour permettre une réelle transformation de l’Ecole au service de la réussite de tous. Il faut construire une autre réforme avec une autre vision de l’école pour la réussite de tous les élèves.
Il faut aussi un budget à la hauteur des attentes de la nation qui doit permettre :

  • une baisse des effectifs par classe.
  • un renforcement des RASED par des créations de postes et des départs en formation.
  • une montée en charge du plus de maîtres que de classes.
  • un renouveau de la formation continue des enseignants.
  • un alignement de l’ISAE sur l’indemnité du second degré.
  • des mesures concrètes pour l’éducation prioritaire avec une réduction du temps d’enseignement pour les PE comme envisagé pour les professeurs du collège.

Salaires / pensions / retraites
Depuis mars 2009, le point bas de la grande crise financière mondiale, la richesse totale des milliardaires de la planète a plus que doublé, passant de 3.100 milliards de dollars à 6.500 milliards, soit plus que le PIB du Japon.
L’argent existe et brûle les doigts de certains alors que l’éducation, la santé ou la justice connaissent des budgets de crise et d’austérité. Dans la fonction publique, le gel cette année encore du point d’indice, l’augmentation des cotisations vieillesse vont mettre à mal le pouvoir d’achat des fonctionnaires. Avec une inflation de 1,8%, le salaire moyen (2000€) va enregistrer une perte de pouvoir d’achat annuelle de 432€, une somme à mettre en regard de l’indemnité ISAE de 400€.
Que dire de cette indemnité sinon qu’elle est un trompe-l’œil fallacieux : une partie des collègues en est exclue (SEGPA, référents, CPC…), elle est loin de compenser les pertes que nous subissons depuis des années, elle n’entrera pas en compte dans le calcul des pensions de retraite… C’est pourquoi le SNUipp-FSU demande son alignement sur l’ISOE des professeurs de lycées et collèges et sa conversion sous forme de point d’indice. Il est plus qu’urgent de revaloriser les métiers de l’enseignement.
Ce déclassement salarial est d’ailleurs souligné par l’OCDE qui note qu’après 15 ans d’exercice, les enseignants français du primaire (recrutés à bac+5) sont payés 15% de moins que la moyenne des enseignants des pays de l’OCDE, soit une différence de plus de 320 euros par mois !

Postes et manipulations de l’opinion
En Côte d’Or, vos documents en attestent, les effectifs par classe augmentent. Certaines situations sont même critiques et ne peuvent nous satisfaire comme celle de Belleneuve qui avait été évoquée lors de précédents CTSD :
A BELLENEUVE : fermeture l’an passé. Cette année, une classe compte 33 élèves et 2 autres sont à 30. La collègue a perdu sa décharge administrative pour la direction alors qu’elle aurait dû la conserver selon les critères de la Côte d’Or. Une EVS promise est arrivée seulement après les vacances d’automne, et l’EAP promis n’est pas là....

Les Rased sont exsangues : suppressions massives des postes de rééducateurs, de psychologues scolaires non pourvus, postes en option E occupés par des faisant fonction faute de départ en formations spécialisées. Il y a urgence d’envoyer en formation des personnels et de réimplanter des postes en nombre suffisant pour rétablir une aide aux élèves les plus fragiles. Nous avons toujours un problème d’accueil des enfants de CLIS sur certains secteurs comme Beaune. Ces élèves méritent comme les autres une scolarisation qui réponde à leurs besoins particuliers. De plus, nous aimerions avoir un bilan sur les inclusions qui ont pu être menées dans l’école de Lacanche.
Comment l’administration compte-t-elle résoudre la scolarisation des 23 élèves qui étaient sur liste d’attente pour la CLIS et des 49 qui attendent une place en Ulis ?
Il faut augmenter le nombre de postes dans l’éducation de façon plus forte et plus rapide : aller vers le plus de maîtres que de classes ne peut se résumer à 4 postes et demi. Donner une priorité à l’accueil en maternelle suppose une vraie dotation en poste (les 4 postes et demi là aussi ne sauraient nous satisfaire) et la création de postes d’ATSEM en nombre suffisant.

Le premier ministre a ouvert une concertation sur l’éducation avec 13 chantiers prioritaires dont 5 concernant le 1er degré. La maigreur des propositions transmises, par exemple sur la direction d’école (on passe d’une décharge de 2 à 4 jours pour les directeurs-trices de 1 à 2 classes), fait envisager le pire. Pourtant les directeurs aujourd’hui n’en peuvent plus, des réunions avec les mairies, les communautés de communes, les parents, les enquêtes, les fiches à remplir… la coupe déborde.

Pour toutes ces raisons, pour une réelle transformation de l’école et une autre écriture du décret des temps scolaires, les enseignants à l’initiative du SNUipp seront en grève et manifesteront le 5 décembre prochain.

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