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Reprise le 11 mai ? C’est non !

jeudi 30 avril 2020

Reprise le 11 mai ? C’est non !


Ras le bol !

L’intervention du Premier Ministre était attendue à tous les niveaux de l’échelle hiérarchique : même notre hiérarchie était elle aussi dans l’attente des annonces. Cette façon de procéder est caractéristique du gouvernement en place : avec ou sans contexte de crise, les décisions sont prises tout en haut et directement communiquées à la population via les médias pour être mises en œuvre sans aucune concertation, ni avec les acteurs de terrain par l’intermédiaire de leurs représentants syndicaux ni même avec les échelons intermédiaires de la hiérarchie.

Résultat : comme les décisions ne sont jamais en adéquation avec la réalité du terrain (le ministre a-t-il lui-même la connaissance des spécificités de chacun des niveaux d’enseignement ?), le ministère est toujours obligé de rétro-pédaler, de donner des injonctions contradictoires voire pire encore, de faire adapter l’ensemble du système scolaire aux inepties annoncées pour ne pas perdre la face !

Les annonces de ces derniers jours...

Non seulement les ministres qui se sont exprimés ce mardi (E. Philippe à l’Assemblée Nationale puis J.M. Blanquer sur TF1 dans le JT de 20h) n’ont pas apporté les réponses indispensables aux questions pratiques posées par notre profession mais en plus, les modalités de la réouverture telles qu’elles sont envisagées maintenant sont encore moins claires qu’après les précédentes annonces !

Alors que seuls les élèves de grande section, CP et CM2 devaient être accueillis dans un premier temps, il semble bien que ce soit finalement le cas pour l’ensemble des niveaux ! Le discours a été pour le moins flou et a manqué de précision mais cette interprétation semble légitime.


Scandaleux !

Alors que les rassemblements publics de plus de 10 personnes seront interdits (pour les adultes !), envisager 15 élèves + 1 enseignant.e + 1 ATSEM (éventuellement) + 1 AESH (éventuellement) dans une salle de classe ne pose pas de problème ?!


La question des masques

Il est admis que les élèves des écoles ne pourront pas porter de masque alors que le port sera obligatoire pour les collégiens : c’est un fait, le port du masque 6 heures par jour (voire plus) par des enfants ne semble pas envisageable. Mais l’idée d’un collectif sans masques dans toutes les salles de classe ne questionne pas nos dirigeants par rapport à la sécurité des un.es et des autres ?!


Mensonge, encore !

“La réouverture des écoles est nécessaire pour garantir la réussite éducative des élèves les plus vulnérables”. Le Premier ministre ose introduire son propos en rappelant l’objectif de recherche de justice sociale. Pourtant la suite confirmera la réalité que nous avions crainte : l’intérêt des élèves n’était qu’un prétexte pour servir l’intérêt, le vrai : celui de l’activité des travailleuses et des travailleurs pour relancer la machine économique. Une fois de plus, il n’est pas question de balayer d’un revers de manche le nécessaire questionnement concernant la possibilité pour certain.es de pouvoir travailler, mais il est malhonnête de la part du gouvernement de ne pas avouer son objectif réel.

Cette fois, les preuves sont là :

  •  les crèches et les écoles rouvriront en premier
  •  suivies de près par les collèges pour les classes de 6e et 5e seulement
  •  la rentrée des élèves de 4e et 3e ainsi que celle des lycéen.nes n’est pas envisagée et sera soumise à une nouvelle réflexion fin mai ou début juin
  •  la scolarité ne sera pas obligatoire

Ce nouveau projet d’organisation prouve que l’unique objectif est bien de permettre la garderie des enfants des travailleuses et des travailleurs. En effet, au lieu des élèves des classes charnières au collège (6e et 3e), l’accueil sera finalement proposé pour les 6es et 5es (eh oui, un enfant de 3e se garde plus facilement tout seul qu’un enfant de 5e !). Dans les écoles, on abandonne aussi l’idée des classes charnières, il va falloir accueillir celles et ceux qui ont besoin d’être accueilli.es. Quant aux lycéen.nes et collégien.nes de 4e/3e, assez grand.es pour ne pas avoir besoin d’une garderie, ils/elles resteront à la maison.

En gros, plus les élèves sont jeunes, moins ils sont en capacité du contrôle nécessaire pour mettre en œuvre les gestes barrières et plus tôt ils seront accueillis dans un cadre collectif et sans protection !

CQFD.

Ajoutons à cela que tous les parents ne seront pas soumis à l’obligation scolaire et que certains pourront ainsi faire le choix de ne pas imposer à leurs enfants un retour à l’école dans ces conditions, là où d’autres y seront contraints professionnellement, sans autres moyens de garde et sans possibilité de télétravailler.

Rien ne manque pour conclure que l’objectif de justice sociale et de l’intérêt des élèves n’est pas celui qui a guidé les choix de notre gouvernement.


Mensonge, toujours !

Les élèves « devront pouvoir suivre une scolarité », a annoncé le Premier Ministre.

Alors que cela était impossible lorsque les enseignant.es étaient en télétravail (mises à part les “astreintes” pour l’accueil des enfants de soignant.es) comment cela deviendrait-il possible lorsque la majorité d’entre-nous assureront leur service en présentiel (donc pas en télétravail, il est bien clair que nous ne ferons pas les deux) ?

Depuis quand parle-t-on de “suivre une scolarité” dans les conditions que nous connaissons pour certains de nos élèves ? Et même pour les autres, les parents ne s’improvisent pas enseignant.es...


Autre engagement théorique

« Chaque famille devra être informée avant le 4 mai » des modalités de retour à l’école des enfants, a déclaré E. Philippe.

Comment imaginer dans les 3 prochains jours les concertations nécessaires au sein des équipes (toujours en vacances par ailleurs !), avec les municipalités et les partenaires pour envisager des critères et des propositions d’organisation aux familles d’ici lundi prochain ?

D’ailleurs, dans un tel cafouillage, certains élus organisent et prennent des décisions, sans même en informer les enseignant.es... Par contre, les parents d’élèves sont informés et même questionnés !


Un projet de rentrée maintenu le 11 mai malgré l’avis contraire du conseil scientifique

Nous aurons des masques pour les encadrants. Voilà donc la grande nouvelle de ces derniers jours ! Et avec ça, nous devrions accepter de retourner en classe le 11 mai ?


Pour le SNUipp-FSU, c’est hors de question. Les conditions sanitaires minimum à respecter ne seront pas remplies pour accueillir les élèves le 12 mai. La réouverture des écoles ne pourra se faire, un jour... qu’en respectant une série de conditions clairement identifiées pour ne pas mettre pas en danger l’ensemble de la société dont les élèves et les personnels des écoles.

Le SNUipp-FSU exige donc l’élaboration d’un cadre national de réouverture des écoles, validé par les autorités scientifiques et médicales, pour engager ensuite un travail en prenant tout le temps nécessaire avec les enseignants, les parents et les élus pour le décliner localement et le soumettre à l’approbation des conseils d’école.

Le SNUipp-FSU21 s’oppose à toute réouverture des écoles dans les conditions “définies” actuellement qui font prendre de graves risques en terme de santé publique.

Si besoin était de se mettre en grève, le SNUipp-FSU a déposé une alerte sociale.

Lire le texte de l’alerte sociale : ici


COVID-19 : quid de la responsabilité des enseignant.es à compter du 11 mai 2020 ?
Réponse d’un cabinet d’avocats

De nombreux textes législatifs et réglementaires devraient prochainement intervenir afin d’en fixer les modalités d’application.

Néanmoins, parce qu’elle intervient après une longue période de confinement et alors même que l’épidémie du Covid 19 n’est pas endiguée ni même sous contrôle des autorités sanitaires, cette reprise inquiète les directeurs (et chefs d’établissements) ainsi que les enseignants en ce qu’elle expose inévitablement les élèves à un risque d’infection par le virus.

Dès lors, en cas d’infection voire de décès d’un ou plusieurs élèves, qui serait responsable ? L’Etat qui a pris la décision de rouvrir les écoles dans ce contexte et/ou les personnels enseignants en charge de la scolarité des élèves ?

Lire l’article ici.


12 questions en attente de réponses

  1.  Quelle prise en considération et quelle démarche pour les enseignant.es qui ne pourront pas aller en classe (état de santé personnel fragile ou celui d’un proche, enseignant.es les plus âgé.es, enseignant.es trop angoissé.es par la situation pour envisager un retour à l’école) ?
  2.  Qui prendra en charge leurs élèves ?
  3.  Quelle prise en compte de la situation des enseignant.es eux.elles-mêmes parents d’enfants de moins de 16 ans ?
  4.  Quelles modalités pour limiter le nombre d’élèves par enseignant.e ?
  5.  Quelle responsabilité des enseignant.es et des directrices et directeurs par rapport à l’accueil des élèves en matière de santé ?
  6.  Qu’en est-il de la reprise pour les élèves en situation de handicap dans les écoles ou en établissement spécialisé ?
  7.  Quelle solution pour un élève en situation de handicap si l’AESH n’est pas présent.e ?
  8.  Quelles modalités pour la prise en charge des enfants de soignant.es scolarisés dans les niveaux de classes non accueillis entre le 11 et le 25 mai ?
  9.  Comment faire respecter aux élèves les gestes barrières dans une classe, en récréation, à la cantine ?
  10.  Quelle organisation envisager pour éviter les attroupements aux abords des écoles et dans les couloirs des écoles maternelles ?
  11.  Masques de protection : pour qui ? Est-il possible de faire porter des masques à des enfants ? Si oui à partir de quel âge ?
  12.  Comment la continuité du lien avec l’école pour les élèves des enseignants travaillant en présentiel pourra-t-elle être assurée ?


12 conditions pour réouvrir les écoles

  1.  La possibilité de télétravailler pour les enseignant.es qui ne peuvent aller à l’école et l’attribution d’autorisations d’absence avec plein traitement pour les personnels qui ne peuvent le faire (devant garder leurs enfants par exemple).
  2.  La garantie d’une dotation suffisante en matériel de protection (masques, gel hydroalcoolique) et d’au moins un thermomètre par école (selon la taille des écoles).
  3.  La vérification du nombre de points d’eau et de poubelles adaptées dans les écoles, la présence de savon et d’essuie-mains jetables.
  4.  La désinfection régulière des salles, du mobilier et du matériel utilisé quotidiennement.
  5.  La possibilité de tester les personnels et les élèves symptomatiques ou à risque.
  6.  La limitation des effectifs en-dessous des 15 élèves/classe annoncés par le Ministre. Cela ne semble pas adapté pour les écoles. Un effectif maximum de 8-10 en CE-CM, 5 pour les GS et CP et une réflexion sur la pertinence de faire effectivement venir dans les écoles les plus jeunes encore incapables de suffisamment de contrôle pour respecter le moindre geste barrière est demandée.
  7.  Une information claire et précise avant toute reprise sur la mise en œuvre des mesures de prévention et d’hygiène, sur les obligations sanitaires et les droits des personnels.
  8.  La mise en place de cellules de soutien psychologique pour tou.tes les agent.es et les élèves qui en auront besoin. Le traumatisme de la population auquel le pays devra faire face (maladie, décès, violences conjugales et familiales…) doit en effet être anticipé.
  9.  Une pré-rentrée d’une durée suffisante pour que l’accueil des élèves ne se passe pas dans des conditions d’insécurité ni d’angoisse exacerbée par l’impréparation. Une journée ne semble pas suffisante.
  10.  Une clarification du Ministère par rapport aux contenus pédagogiques : le confinement n’a pas pu être l’occasion de nouveaux apprentissages et la période de semi-scolarisation à venir ne pourra l’être davantage puisque l’ensemble des élèves ne sera pas présent dans les classes.
  11.  Une clarification par rapport aux missions : les enseignant.es présent.es en classe ne pourront doubler leur journée de travail en assurant par télétravail la poursuite des activités avec les élèves non présent.es.
  12.  La garantie que le Covid-19 soit reconnu maladie imputable au service.
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