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Reprise progressive

dimanche 31 mai 2020



La réalité du processus de réouverture des écoles ne correspond pas vraiment à la communication ministérielle. Moins d’écoles et d’élèves ont repris que ce qui a été annoncé, des situations montrent encore des difficultés d’application du protocole et des dizaines d’école ont été refermées.
Pour compléter cette photographie des écoles en cours de déconfinement nous vous proposons un second volet d’enquête (https://consultation.snuipp.fr/repr...) qui permettra de saisir plus finement les manques dans l’application du protocole sanitaire, notamment la fourniture de masques en nombre suffisant, les pressions de la hiérarchie pour « faire du chiffre » sur le nombre d’élèves accueillis et la réalité de l’organisation pédagogique retenue.
Sur cette dernière, très majoritairement, les enseignant-es accueillent des petits groupes d’élèves tout en suivant également les autres élèves de leur classe en distanciel afin pour poursuivre des activités scolaires avec le plus grand nombre d’élèves. Cette solution nécessitera des aménagements, notamment en termes de temps de présence dans les écoles, pour être viable à long terme.

L’élargissement de l’accueil à partir de la semaine prochaine, avec un protocole sanitaire à l’identique, ne manque pas de poser de nombreux problèmes...
L’annonce ministérielle du 28 mai indiquant que toutes les demandes de retour à l’école seront satisfaites laisse perplexe les équipes des écoles, mais ne déroge pas à la règle établie par JM Blanquer depuis de nombreuses semaines : propos « hors sol » servis directement aux médias... sans aucune réalité de terrain !
Aux équipes des écoles maintenant de faire comprendre aux familles que ça ne sera pas forcément possible ! C’est une « habitude » qui devient insupportable !
A la veille de cet élargissement, nous sommes toujours dans l’attente d’informations concernant les possibles « positions » des enseignant.e.s (personnels fragiles, gardes d’enfant...), ce qui ne permet pas d’anticiper ni d’organiser la nouvelle étape de reprise. Nous appelons les équipes à prendre le temps nécessaire pour réorganiser le fonctionnement de l’école et à décaler de quelques jours, si besoin, l’arrivée des nouveaux groupes d’élèves.


Communiqué de presse du SNUipp-FSU

Ce sont les personnels qui tiennent l’école à bout de bras

Depuis le début de l’épidémie, les enseignants ne peuvent compter que sur eux-mêmes face à un ministre qui multiplie les déclarations à l’emporte-pièce, totalement déconnectées la réalité des écoles. Les annonces de jeudi sur « l’amplification du mois de juin » ajoutent encore de la confusion. Non, toutes les écoles, fermées actuellement pour des raisons sanitaires ne vont pas ré-ouvrir à coups de baguettes magiques. Non, tous les élèves ne pourront être accueillis, même partiellement, avec les exigences du protocole sanitaire que seules des autorités scientifiques et médicales pourraient modifier. Non, les salles de classes et les équipements sanitaires des écoles ne peuvent être multipliés ou agrandis en l’espace de quelques jours. Non, on ne peut pas demander aux équipes enseignantes et aux municipalités de tout réorganiser sans leur en donner le temps. Non, les collectivités ne peuvent mettre en place d’un claquement de doigts des dispositifs parallèles autres que la garderie. Les fameux 2S2C n’ont que peu d’existence et posent par ailleurs des problèmes d’équité et d’empiètement sur le domaine scolaire. S’affranchir de la mise en œuvre concrète des annonces médiatiques revient à faire pression sur les personnels sans répondre à la légitime demande des familles de scolarisation de leur enfant, notamment suite aux restrictions du chômage partiel. Enfin, le ministre ne remet pas en cause, malgré son échec patent, sa stratégie basée sur le volontariat des familles pour un retour prioritaire des élèves les plus éloignés de l’école. Une enquête menée par le SNUipp-FSU montre que malgré une sur-sollicitation des familles dans les quartiers populaires de la part des équipes enseignantes, seuls 16% des élèves y sont accueillis tandis la moyenne est de 25% ailleurs et que ce taux s’élève à 32% dans les écoles rurales. Il faut abandonner le principe du volontariat pour endiguer ces fortes inégalités dans le retour à l’école. Par ses déclarations, le ministre crée de l’insécurité tant chez les familles que chez les enseignants. Ces derniers, fiers de servir le service public d’éducation, tiennent à bout de bras un système bousculé de toutes parts. Plutôt que de fausses promesses médiatiques, c’est d’un plan d’urgence dont l’école a besoin. Il doit se préparer dès maintenant avec celles et ceux qui font l’école tous les jours et qui savent ce dont les élèves ont besoin pour retrouver le chemin des apprentissages. Paris, le 29 mai 2020

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